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Lisle sur Tarn

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Lisle sur Tarn

Un modèle de bastide

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Lisle sur Tarn
Comme son nom l'indique, cette commune se trouve au bord du Tarn. C'est la seule qui possédait un port construit sur la rive droite de la rivière pour le commerce du Pastel, du vin et des poteries.
La place ou nous sommes est au centre de Lisle sur Tarn. Ce village est une bastide comme on en trouve dans le Pays d'Oc. Rien à voir avec l'urbanisme classique des cités médiévales
" C'est la construction d'une ville à partir d'une place ".
Michel Courtant, Académicien des Arts et des Sciences du Pastel 
" C'est rectiligne. Et ça fait partie de cet habitat du pays d'Oc qui faisait qu'il y avait une promiscuité très riche entre les édiles des villes, les seigneurs et les habitants. Les consuls favorisaient aussi beaucoup le développement de l'artisanat : les foires, les marchés, les échanges de marchandises et par conséquent permettaient une très large circulation des produits, des hommes et donc des idées.
Imaginez le quotidien de cette bastide à l'époque glorieuse du pastel.
Il y avait des clients de partout. A l'époque, nous n'étions pas divisés en départements mais en diocèses. A l'époque, c'était le diocèse d'Albi, le diocèse de Lavaur, le diocèse de Castres et celui de Toulouse. Et donc les gens venaient de ces différents diocèses en fonction de l'importance des foires. Certaines étaient des foires de drapiers ou d'autres davantage sur les animaux ou d'autres sur le pastel... le chanvre.. Il y avait des foires évidemment multi-produits mais d'autres qui étaient plus ou moins spécialisées".
Mais c'est avec le pastel que les commerçants s'enrichissent au 16ème siècle. Pourtant, bien avant de se vendre et de s'exporter, le pastel est utilisé par nos ancêtres. Les Gaulois se parent le visage et le corps de ce bleu. A la grande surprise de Jules César quand il écrit La Guerre des Gaules  :
" Tous les Bretons se teignent avec le pastel sauvage, produisant une couleur bleue, qui leur donne une allure terrible dans la bataille ". 
Certains pensent d'ailleurs que l'expression " avoir une peur bleue " vient de l'utilisation de ce maquillage très naturel.
Regardez maintenant cette place Paul Seissac : au centre, il y a une fontaine. On l'appelle le Griffoul. Il a été offert par la fille du comte de Toulouse.
A droite lorsqu'on est face à cette fontaine, une rue descend vers le Tarn. C'est celle que les charrettes empruntaient pour aller décharger leur cargaison vers les bateaux.
En remontant de la berge, vous trouvez sur la droite la rue de la Chambre de l'Edit. C'est là, et non plus à Toulouse, que la cour de justice mixte créée par Catherine de Médicis est installée en 1579 avec des conseillers catholiques et protestants. Elle a été mise en place pour en finir avec les guerres de religion. De nombreux marchands de pastels étaient protestants. Le commerce avait faibli pendant cette époque troublée.. La présence de cette cour de justice à Lisle sur Tarn est une nouvelle preuve de l'importance de cette bastide au temps du pastel.
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