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Saint-Palais

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Les maisons nobles et le linge basque

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Saint-Palais
Nous sommes à Saint-Palais devant la maison des Têtes ou maison d'Erdoy-Ohyenart.
Toute la rue est bordée de maisons remarquables bâties au 13ème siècle. Celle-ci a été " anoblie " au 16ème siècle par le roi de Navarre Henri 2. Tiens, le voilà justement !
Seriez-vous étonné qu'on anoblisse les maisons ? C'est la tradition ici. Il n'y a pas de noblesse de sang. On devient noble en achetant une maison noble. Et voyez, sur cette façade, j'ai demandé à ce qu'on me représente, en bas-relief, avec ma fille et mon petit-fils.
Oui, c'est une hypothèse sur la signification des têtes. Les derniers rois de Navarre seraient de gauche à droite Henri 2, Jeanne d'Albret et Henri 3 de Navarre, futur Henri 4 de France.
Les deux autres figures ont été ajoutées plus tard. Je ne les connais pas.
Elles datent des travaux d'agrandissement du 17ème siècle. Il y a une femme de profil, peut-être une occupante de la maison, et un diable, probablement pour conjurer le sort.
Méfiez-vous ! En poursuivant cette rue vers le nord-est, vous le rencontrerez le diable ! Dans le quartier des cagots.
Ah oui, les cagots. Une triste superstition du Moyen-âge. Ces gens vivaient hors-les-murs, un peu comme les intouchables en Inde, ils étaient exclus de la société, coupables d'avoir la lèpre ou d'autres maladie. Mais maintenant, dans ce quartier, il y a un lieu particulièrement intéressant.
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Nous entrons chez Ona Tiss, un atelier de tissage de linge basque.
Je m'appelle Mayalen Pondaven-Hourcade. Je suis la petite fille du fondateur de l'entreprise, François Hourcade, qui l'a créée en 1948. Quand il a fallu développer la toile à espadrille, à l'origine, avec l'essor de l'espadrille à Mauléon, il s'est lancé comme défi de créer une activité de tissage de toile à espadrille.
Actuellement, Ona Tiss fait surtout du linge de maison, notamment avec les rayures qui ont fait la réputation du tissage basque. Et dire que tout a commencé sur le dos des boeufs !
On a mis une toile sur le dos des boeufs pour les protéger du soleil et des insectes. Chaque tissu avait une rayure de couleur bleue plus ou moins large, ce qui permettait de déterminer l'appartenance des bêtes à une ferme. Comme il y a 7 provinces au Pays Basque, on a décrété que ce serait sympa d'avoir sept rayures sur la toile basque.
Et autrefois, les familles basques plantaient un champ de lin à la naissance d'une fille. Quand elle avait bien grandi, le tisserand s'installait quelques jours dans la maison familiale pour lui confectionner son trousseau de future mariée.
Ces temps sont révolus. Ona Tiss, avec moins de 10 salariés, est l'un des tout derniers ateliers de tissage du Pays Basque !
La qualité, c'est la seule façon de s'en sortir alors on fait très attention à la qualité du fil qu'on utilise, à la qualité de la teinture, à la qualité du tissage. On fait très attention aussi à la qualité de la coupe et puis les coutures aussi sont importantes. On arrive à s'en sortir mais ça reste un marché très petit quand même.
Vous voulez voir ça de plus près ? Rendez-vous au 23 rue de la Bidouze. Mettez la maison des Têtes sur votre gauche, c'est tout droit !
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