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Ostabat

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Ostabat

Un carrefour médiéval

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Ostabat
Nous sommes à Ostabat sur la petite place située derrière la mairie, près du café, en haut de la rue qui descend vers le gîte des pèlerins.
-chant de pèlerins pendant quelques secondes-
Ne soyez pas surpris de croiser ici des pèlerins marchant vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Les voies de Vézelay, de Tours et du Puy-en-Velay se rejoignent en amont du village.
Il faut savoir que les pèlerins de Saint-Jacques ont suivi des chemins qui existaient bien avant eux et qui ont existé bien après eux.
Daniel Arbeletche, agriculteur et habitant du village fait la visite.
Ce sont aussi des routes de commerce, d'invasion, de transhumance des troupeaux qui remontaient jusqu'à Bordeaux. Pourquoi ? Je crois qu'il y a 2 raisons principales. Un, c'est que le roi de Navarre garantissait la sécurité de la route ce qui est très important. Deux, il faut savoir que la côte basque, les landes étaient des marais assez infranchissables. Par exemple, Saint-Jean-de-Luz, en basque, c'est Donibane lohtzun, ce qui veut dire Saint-Jean-des-Marais.
Imaginez qu'au 12ème siècle, le premier guide du pèlerin évoque des moustiques gros comme des merles !
Saint-Jacques va dynamiser et enrichir Ostabat et permettre la construction, au 13ème siècle d'une ville géométrique en pierre.
Ici, on rentre dans cette rue et dans la ville neuve, c'est-à-dire une ville qui a été organisée sur une décision politique du roi de Navarre de l'époque pour installer des gens parce que c'était un noeud commercial important.
Rien que dans cette rue, il y avait 14 auberges dont cette maison, à gauche, avec son rez-de-chaussée en pierre. A l'étage, deux excroissances de bétons subsistent : elles soutenaient autrefois un encorbellement en bois.
Regardons maintenant la maison de droite. Une maison bourgeoise rénovée en 1816 très différente de la première.
Il faut dire qu'Ostabat a connu la peste, les guerres, des incendies...
Le goût de 1816 n'est plus celui du Moyen-âge selon Daniel Arbeletche.
On voit que dans les pierres, on a cherché à faire quelque chose de très géométrique, on voit qu'elles ont été peintes à l'époque même si depuis, ça a été gratté, donc celle-là a vraiment le style bourgeois. Il faut savoir aussi que le propriétaire de cette maison, celui qui l'a rénovée au 19ème siècle, était armateur à Santander. On voit la logique du chemin qui est aussi une voie de commerce.
A la fin de ce 19ème siècle, Napoléon III fait assécher les marais. La côte devient praticable, ce qui " assèche " aussi les voies commerciales traditionnelles.
Ostabat devient le village paisible que vous visitez aujourd'hui.
Mais les pèlerins ne l'ont pas abandonné ! En descendant cette rue, vous trouverez, à gauche, l'ancien hôpital qui sert, encore aujourd'hui, de lieu d'hébergement pour les marcheurs.
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