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Garris

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Garris

Plus que de belles maisons : les personnages d'une longue histoire.

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Garris
Nous sommes à Garris à l'entrée du village, devant une maison nommée Pelegrinia. Ici, toutes les maisons ont un ou plusieurs noms. Et ça ne date pas d'hier !
Pelegrinia porte le nom de Pélegrin de Garris qui était un bourgeois, marchand de bestiau déjà en 1351 !
Margitta Mathieu fait partie de l'association " Lehengo Garruze ", " Garris autrefois ", qui valorise le patrimoine local.
Elle a été longtemps un lieu pour le négoce donc pour nous, c'est vraiment l'exemple de tout ce qui s'est passé en plusieurs siècles puisque Garris était avant tout un lieu d'étape, de passage aussi pour les pèlerins, les guerriers, les marchands, les nobles.
Les occupants de Pélégrinia ont d'ailleurs été, au fil de l'histoire, député aux Etats de Navarre, avocat, aubergiste, viticulteur et agriculteur !
Leur richesse s'étale sur la façade avec le rez-de-chaussée en pierre, les pans de bois et les briques rouges disposées en arête de poisson.
Au 18ème siècle, c'est l'âge d'or pour Garris. Les hommes de loi, les commerçants, les hommes d'église et les notaires qui la peuplent font rebâtir les maisons médiévales telles qu'on les voit aujourd'hui. On vient ici de toutes les régions pour vendre et acheter des marchandises, en particulier au moment de la foire.

On y voyait des Catalans proposant couteaux, piques et arquebuses ; les Hauts-Navarrais venus de Pampelune avec des vins et de l'huile d'olive ; les bergers de Soule conduisaient leurs chevaux et leurs brebis. Les Béarnais vendaient des cruches, des jattes et des légumes, surtout des oignons ; les Labourdins présentaient leurs bêtes à cornes, les épiciers pesaient les épices ; les artisans de Labastide-Clairance étalaient clous, sonnettes et bérets.
L'âpreté des négociations commerciales et le vin donnaient lieu à des rixes mémorables selon Margitta Mathieu.
On parlait toutes les langues, c'est certain et il y avait tellement de bruit et de vacarme qu'un dicton ancien disait : " on ne peut pas s'entendre, c'est comme à la foire de Garris ". Les conflits, quand on n'était pas d'accord sur les prix donnaient lieu à des procès, des emprisonnements ou des arrestations. Garris devait accueillir une telle population que pratiquement chaque maison était un café ou un restaurant.
A la Révolution, Garris perd les droits de franchise que lui octroyaient les rois de Navarre ; la foire perd de son intérêt mais perdure. C'est aujourd'hui la plus ancienne du sud-ouest avec plus de 9 siècles d'existence.
Elle attire encore plus de 10 000 personnes sur 3 jours fin juillet. Il faut voir la curiosité des visiteurs notamment le premier jour, lors de la foire aux équidés !
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