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Maison de Jeanne d'Albret

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Maison de Jeanne d'Albret

Histoire d'une reine protestante

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La maison de Jeanne d'Albret
Nous sommes devant la maison de Jeanne d'Albret qui abrite aujourd'hui le Musée de l'Histoire du protestantisme béarnais.
Cette maison porte mon nom parce que j'y venais quand je descendais à Orthez. A mon époque, la cour était itinérante. Cette demeure, je l'ai reçue en cadeau en 1555 d'un bourgeois orthézien que j'ai anobli.
Tout rappelle la Renaissance sur cette maison : le petit balcon qui surplombe la porte, les fenêtres à meneaux et cette jolie tourelle qui cache l'escalier à vis.
Je suis née en 1528. Reine de Navarre à 27 ans, je me suis très vite intéressée à la Réforme sous l'influence de ma mère. J'ai même fini par devenir protestante, en 1560.
A partir de ce moment-là, tous ses efforts vont aller à la propagation de ces idées à ses sujets.
Robert Darrigrand est le président de l'association qui gère le musée.
Dans un premier temps, elle va essayer de faire partager ses idées à ses sujets. Les églises catholiques sont utilisées à certaines heures pour la messe et à d'autres heures pour le culte protestant.
Cette politique originale s'appelle le simultanéum. Elle ne résiste pas à la tentative d'annexion du Béarn par les catholiques français en 1569.
Je n'étais même pas en Béarn mais à La Rochelle avec mon fils Henri de Navarre quand ils ont envahi mes terres ! Après cela, je suis devenue impitoyable envers les traitres.
Après cette guerre éclair, la reine de Navarre va conclure un mariage royal pour son fils avec l'une des soeurs du roi de France, Marguerite de Valois, en 1572.
Je voulais assurer l'avenir de mon fils. Je pensais aussi que ce mariage entre un prince protestant et une catholique pouvait encore réconcilier les deux partis.
Jeanne d'Albret ne verra ni les fastes de ce mariage, ni les massacres de la Saint-Barthélemy, les jours suivants. Elle meurt deux mois avant, de la tuberculose.
Une fois devenu Henri IV, roi de France, son fils signe l'édit de Nantes qui reconnaît la liberté de culte des protestants. Mais sous ses successeurs, Louis XIII et Louis XIV, les huguenots doivent à nouveau se cacher. Robert Darrigrand.
Officiellement, ils se sont convertis, en réalité, ils continuent à pratiquer leur culte. Nous avons plusieurs choses intéressantes, en particulier un miroir à double fond derrière lequel on cachait la Bible et un méreau, c'est un jeton qui permettait aux protestants d'accéder à la communion. C'est vraiment une pièce unique.
Il faut attendre Louis XVI et 1787 pour que les protestants retrouvent le droit de célébrer librement leur culte.
Tout cela est raconté dans ce très joli musée. Dans les jardins, ne manquez pas le pigeonnier du 17ème siècle, signe que la maison appartenait à une famille noble.
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