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Tende

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Tende

La construction de la collégiale Notre Dame de l'Assomption avec la "pierre verte de Tende".

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Nous sommes à Tende devant la collégiale Notre-Dame de l'Assomption.
Sa construction date du milieu du 15ème siècle donc avant les débuts du baroque. La pierre ? C'est du schiste, la " pierre verte de Tende ". Vous en verrez beaucoup sur les maisons du village.
Maintenant, levez les yeux et observez la frise au-dessus de la porte. Jésus et ses douze apôtres y sont alignés. Un personnage, à la gauche du Christ, tient une coupe. C'est Jean. Il présente -non pas un calice - mais la coupe empoisonnée par laquelle on a voulu le tuer.
En dessous des apôtres, la scène de l'Annonciation.
Au-dessus des apôtres, l'Assomption.
Alors, on voit que la Vierge Marie n'a pas attendu l'art baroque pour figurer en bonne place dans l'iconographie religieuse. Mais on peut quand même parler d' " évolution " du rôle et du personnage de Marie quand vient l'époque de la Contre Réforme. Il s'agit alors de contrer les Protestants qui contestent son rôle de médiatrice entre les hommes et Dieu, et qui contestent la dévotion dont elle fait l'objet.
Devant la scène de l'Assomption, le personnage agenouillé est Honoré le Grand, seigneur de Tende. Principal donateur de la collégiale, il est enterré à l'intérieur, à gauche du choeur.
Sur sa pierre tombale, une inscription partiellement effacée... Voix de conteur " Ici repose le magnifique et puissant soldat, seigneur Honoré Lascaris Comte de Vintimille, Tende et autres lieux qui mourut le 5 février de l'an 1474 empoisonné par Pierre Pal... "
Le texte est effacé ? Ecoutons la légende :
Une pauvre silhouette se faufila dans l'église et se dissimula derrière un pilier. A la nuit noire, Pietro Palpaglia, car c'était lui, sortit de sa cachette et se dirigea vers la pierre tombale de sa victime. Il s'agenouilla et entrepris d'effacer l'inscription, hanté par l'idée que son nom était sali pour l'éternité. Mais, alors qu'il avait presque achevé sa sinistre tâche, le spectre d'Honoré le Grand lui apparut. Saisi de terreur, il lâcha son outil et s'enfuit. Le lendemain, il gisait sur les marches de l'église, mort.
C'est à l'intérieur de la collégiale, avec sa décoration et ses retables qu'on retrouve le style baroque.
Quand vous y entrerez, vous verrez comment, dans le choeur, les miroirs jouent avec la faible lumière naturelle, les flammes des cierges et les pampilles des lustres.
Dans l'esprit de la contre réforme, il s'agit là de rappeler que " seul Dieu est lumière. "
Dans la travée de gauche, vous remarquerez un grand tableau de St Eloi. Le patron des muletiers et des charretiers, habillé en évêque bénit une mule.
Vous a-t-on dit que cet animal a fait la richesse du village ?
Pour en savoir plus, appuyez sur la touche étoile.
Sur la route du sel qui relie Nice à Turin, c'est le très difficile col de Tende que l'on emprunte. Et le trafic y est important : en 1750, pas moins de 30 000 mulets sont mobilisés pour passer les marchandises. A l'aller, de Tende à Limone, ils transportent du sel. Au retour, c'est du blé, du vin, des peaux, de la laine.
En 1788, c'est la première route carrossable à traverser un col des Alpes.
Inutile de dire que le commerce et le transport des mulets ont fait la richesse du village et que muletiers et charretiers ont joué un rôle essentiel dans la vie locale. Leur patron, St Eloi, est aujourd'hui encore fêté le deuxième dimanche de juillet.
A cette occasion, les " Tendasques " habillent, caparaçonnent et harnachent leurs mulets de couleurs bariolées avant de défiler dans la ville.
- Dépêche toi, on va être en retard pour la cavalcade! Les autres prieurs sont déjà prêts, et toi, tu n'as pas encore enfilé ta doba !
oe J' vais pas mettre ma cape avant d'harnacher le mulet ! Tu crois que c'est facile toi ? Tous ces pompons, et ces clochettes, ces satins brodés de dentelles, cette soie, ces broderies, c'est bien joli, mais je voudrais t'y voir toi !
- Allons, ne fais pas ta tête de mule ! C'est pas le jour !
Avant de ressortir de la collégiale, levez les yeux : au-dessus de la porte, l'orgue est mondialement connu.
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