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Nice - Palais Lascaris

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Nice - Palais Lascaris

Jean-Baptiste Lascaris, issu de la plus ancienne et illustre famille du comté...

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Nous sommes à Nice, devant le Palais Lascaris, dans la rue Droite qui est au 18ème siècle l'artère principale de la ville.
On trouve ici ceux qui comptent à Nice : noblesse d'épée, noblesse de robe et orfèvres.
Jean-Baptiste Lascaris, issu de la plus ancienne et illustre famille du comté, y entreprend la construction d'un palais en 1648, qui devra mettre en scène, et théâtraliser le pouvoir des propriétaires.
Ici, le grandiose se jouera à l'intérieur.
Il faut dire que dans cette rue étroite, l'ambition architecturale est limitée par l'espace.
Et puis, on a beau descendre de Théodore Ier Lascaris, empereur de Byzance et empereur grec de Nicée, être le neveu du Grand-Maître de l'ordre de Malte, la tradition, à Nice, est à la sobriété !
La façade est donc plutôt sobre. Seuls tranchent le portail et le deuxième étage, avec par exemple, sous les balcons en marbre de carrare, la série de masques, et, au-dessus, l'encadrement des fenêtres avec fronton, drapés, et putti. Car c'est d'abord le visiteur qu'il s'agit d'impressionner. C'est par le portail qu'il entrera ; et c'est au deuxième étage, l'étage " noble " qu'il sera reçu.
A l'intérieur toute l'exubérance baroque vous attend.
En entrant, laissez-vous mettre en condition par l'escalier devant vous. Ses murs et plafonds saturés de fresques dans le goût baroque ; ses paliers successifs qui rythment votre avancée et vous ménagent des poses pour admirer le décor.
Arrivé à l'étage de réception, vous traverserez l'antichambre et son décor floral et vous vous rendrez, à droite, dans le salon d'apparat, qui n'a rien à envier à Versailles.
Dans le grand salon, ne manquez pas la fresque au plafond, Charles Astro, Conservateur en chef du Musée du Palais lascaris nous la présente :
Le sujet est évidemment un sujet assez dramatique puisqu'il s'agit d'un combat inégal entre Jupiter, le père des dieux et son petit-fils Phaéton qui se trouve renversé dans un mouvement de nuages dont les tons sont extrêmement sombres pour dépeindre cette intensité dramatique, alors que les draperies, le mouvement des personnages et surtout les deux attelages emballés, avec leur crinière agitée par un vent imaginaire donnent un mouvement très important à cette scène
La frise s'inspire en partie de décors de plafonds romains, très célèbres, il y a quelques éléments décoratifs qui sont certainement des emprunts à la galerie du palais Farnese réalisé par Annibal Carrache
Ah j'oubliais. Certaines portes vous semblent de guingois ? Ce sont des portes "à la piémontaise ". Leurs gonds asymétriques permettaient, fermées, d'éviter les courants d'air, et, ouvertes, de ne pas râper les riches tapis...
Imaginez. Nous sommes en 1701. Alexandre Lascaris, gentilhomme de la chambre du Duc de Savoie doit escorter depuis Nice, Marie Louise de Savoie, future reine d'Espagne.
Un bon vivant, Monsieur Alexandre, croyez-moi. Et quand il accueillit la jeune reine, ce fut l'occasion de belles fêtes au Palais ! En cuisine, c'était l'effervescence ! Pensez un peu : tourtes, pâtés, poupelines ... Dieu que cela avait l'air bon !
Poupeline ? C'est une terrine de viande fort appétissante ma foi.
Et ...Vous entendez ? Le Palais baignait de musique !
Gilbert Bezzina, directeur de l'ensemble baroque de Nice, nous en dit plus.
Pourriez-vous en deux mots nous définir l'esthétique de la musique baroque ?
" En deux mots c'est beaucoup dire, enfin, mais en tout cas ce qu'on peut dire tout de suite c'est que pour moi le terme " baroque " est simplement pour la musique un parallèle avec l'époque baroque en architecture, donc on va dire du début du 17ème au milieu du 18ème siècle et c'est une musique qui est riche en couleur et qui est riche par sa liberté qu'elle offre à l'interprète sur le plan de l'ornementation et un petit peu de l'improvisation
Si le Palais Lascaris était une oeuvre musicale ce serait ?
Pour moi le Palais Lascaris est le symbole même de l'art baroque, c'est là, c'est par lui que j'ai découvert cette architecture et qui m'a fait rêvé très souvent lorsque j'allais me promener dans les salons. On y a fait beaucoup de concerts et on peut imaginer que les violonistes du 17ème siècle, 18ème siècle qui vivaient à Nice ont pu avoir en main les sonates de Corelli qui circulaient beaucoup en Europe à cette époque là, et qu'ils on pu interpréter ces oeuvres-là dans le grand salon du Palais Lascaris. "
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