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Le grand réfectoire

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Le grand réfectoire

Remontée au temps des gallo-romains

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L'ancien grand réfectoire de l'abbaye.
Nous sommes désormais dans l'ancien grand réfectoire de l'abbaye, aujourd'hui consacré à l'époque gallo-romaine.
Faites abstractions des sculptures et imaginez ici près de 200 moines attablés.
Faites taire le brouhaha et laissez parler le silence...
seul un moine avait le droit de parler, celui qui lisait les textes saints.
Continuez votre effort d'abstraction pour remonter le temps.
Nous sommes au 2e siècle après Jésus Christ. Reims se nomme Durocortorum : une grande ville gallo-romaine qui dispose d'un amphithéâtre où s'affrontent des gladiateurs.
Regardez à présent les mosaïques au sol. Elles ornaient les sols de riches villas urbaines de l'époque. L'une d'elle représente ces guerriers.
L'autre mosaïque évoque la légende de Bellérophon monté sur le cheval Pégase qui terrasse la chimère.
Projetons nous maintenant deux siècles plus tard.
L'empereur Valentinien 1er a fait de Reims sa capitale provisoire. Son général, né à Reims, Flavius Jovinius, dit Jovin va de victoires en victoires sur les Alamans. En récompense, celui-ci est nommé consul et part à Rome. Nous sommes en 367. Jovin achète ce sarcophage en marbre, sans doute réalisé un siècle plus tôt, dans un atelier romain. Explications avec Marc Bouxin, directeur du musée Saint-Remi.
Quand on réalisait une grande pièce comme ça, on laissait l'emplacement du futur client non sculpté. Il y avait juste le bloc qui était un peu équarri et quand l'acheteur se présentait on lui taillait le portrait. Donc Jovin a retrouvé ce tombeau qui lui a plu, qui avait été fait au milieu du 3e siècle et il a fait tailler par un sculpteur son portrait un siècle plus tard.
On peut appeler ça le don de l'anticipation !
On peut d'ailleurs voir la différence de style entre le visage de Jovin - c'est le deuxième et le quatrième personnage en partant de la gauche - et celui des autres visages.
On dirait qu'ils sortent du marbre, qu'ils sont prêts à bondir !
C'est la magie du haut relief. Mais on a aussi du bas relief sur ce tombeau. Regardez sur le côté, le corps du cheval. Il cumule les deux techniques.
A côté, Jovin se prépare à aller à la chasse. A droite, il terrasse un lion. Marc Bouxin.
La scène de chasse contre un fauve est le thème funéraire favori du bas empire romain parce que le défunt luttant contre le fauve symbolise les forces morales de la personne qui est évoquée, triomphant des forces du mal.
Jovin s'est converti au christianisme. C'est même lui qui a fait bâtir la première église de Reims, Sainte Agricole et Saint Vital, remplacée ensuite par l'église St Nicaise.
C'est là qu'était conservé son tombeau.
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