Musée du Nouveau Monde de La Rochelle >

Vue du port de San Francisco, 1851

Version mobile
Espagnol English

Vue du port de San Francisco, 1851

Les Français dans la Ruée vers l'or

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Vue du port de San Francisco, 1851
Cette photo a été prise dans le port de San Francisco, en Californie.
Derrière les immeubles et les entrepôts, une forêt de mâts s'étend à l'horizon.
De l'or ! On a trouvé de l'or dans la vallée du Sacramento !
La rumeur se répand comme une traînée de poudre pendant l'année 1848, relayée très officiellement par le président américain lui-même au mois de décembre. Les mineurs accourent du monde entier.
" Mes employés mormons me quittèrent plus difficilement ; mais quand la fièvre de l'or les gagna, ils perdirent eux aussi tout scrupule. Maintenant, c'était sous mes fenêtres un défilé ininterrompu. Tout ce qui pouvait marcher montait de San Francisco et des autres vilayets de la côte. "
C'est le récit éloquent  dans l'Or, de Blaise Cendrars, du général Suter un exploitant agricole ruiné par la découverte d'or sur ses terres.
La forêt de mâts, en arrière plan de la photo, ce sont les bateaux abandonnés par leurs équipages : les matelots ont suivi cette ruée vers la fortune. Et parmi eux, 20 000 Français arrivés entre 1849 et 1854. On les appelle les " Keskidees ".
Je m'appelle Charles Covillaud et je suis né en 1816 à Cognac. J'ai quitté la France à 25 ans pour l'Amérique dans l'espoir d'économiser dix mille dollars, retourner à Bordeaux, épouser une jolie fille et vivre heureux. En fait, j'ai découvert un beau filon d'or en 1848. Je suis devenu riche et je me suis marié, mais, en Californie.
Tous les Français n'ont pas eu cette chance. Beaucoup sont arrivés trop tard mais ont choisi de rester à San Francisco où ils ont fait fortune... sans trouver d'or !
Selon le journal l'Alta California du 13 mai 1853, les Français tiennent la plupart des meilleurs restaurants et des plus beaux cafés de la ville. Ils ont à peu près le monopole de l'importation des vins, de la cuisine fine, des maisons de jeux ou encore de la coiffure. Ils deviennent aussi pharmacien, parfumeur, blanchisseur et bien sûr boulanger !
Moi, c'est Marie Pantalon. Vous savez pourquoi on m'appelle comme ça ? Parce que je portais des pantalons comme les hommes ! Plus pratique pour fouiller la boue à la recherche de l'or. Et de l'or, moi, j'en ai trouvé, mais j'ai perdu toute ma fortune alors j'ai fait du vin de Californie !
-musique-
Les Français excellent aussi dans l'organisation de spectacles. A San Francisco, les spectateurs sont en quête de divertissement parce qu'ils ont bien souvent laissé leur famille. De nombreux artistes français en difficulté rejoignent la Californie où les cafés chantants ont beaucoup de succès.
Autour de vous, les objets rassemblés dans cette salle racontent le quotidien des Français de Californie.
Revenons à la photo du port de San Francisco. Cette période a transformé à jamais la ville...
Le village vous voulez dire ! Pensez qu'en 1847, San Francisco ne compte que 500 habitants. 13 ans plus tard, on recense 56 000 personnes !! C'est complètement fou !
Quant aux bateaux abandonnés, ils ont d'abord servi d'entrepôt puis de remblais pour gagner du terrain constructible sur la mer.
Retour haut de page