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Vue du Port de La Rochelle en 1762, copie du tableau de Joseph Vernet

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Vue du Port de La Rochelle en 1762, copie du tableau de Joseph Vernet

Un port qui raconte le Nouveau Monde

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Vue du Port de La Rochelle en 1762, copie du tableau de Joseph Vernet
Le port de La Rochelle n'a finalement pas beaucoup changé depuis le 18ème siècle !
On reconnaît bien les tours qui marquent l'entrée du port, même si leurs sommets ont été modifiés depuis : à gauche, la tour Saint-Nicolas et à droite la tour de la Chaîne.
Et en face, derrière les grands bateaux, c'est le cours des Dames, c'est vrai cela n'a pas beaucoup changé ! Mais l'ambiance...
-début de l'ambiance-
... n'est plus tout à fait la même, c'est sûr !
Ici, on s'occupe de tout ce qui part en Amérique ou en arrive ! Les tonneaux : c'est du vin pour la Nouvelle-France ou du sucre venu des îles. Les ballots sont remplis de fourrures fournies par les Amérindiens et de coton des Antilles. Ah ça, à La Rochelle, on ne chôme pas !
Sans oublier le bois des forêts exotiques ou nord américaines à gauche. Au centre, des poteries de Saintonge en partance pour le Canada tout comme les canons, en bas à droite.
Annick Notter est la conservatrice du Musée du Nouveau Monde.
Il faut savoir que La Rochelle est le premier port atlantique dans le commerce avec la Nouvelle-France. En 1762, c'est aussi le premier port dans le commerce avec la Louisiane. C'est donc aussi un port négrier qui fait des voyages de Traite mais c'est Nantes le premier port négrier de très loin.
Le 18ème siècle est effectivement une période de prospérité pour La Rochelle qui se transforme.
Avant 1763, la traite représente peu de choses, parce que l'essentiel de l'activité, c'est le ravitaillement du Canada.
L'historien Jean-Michel Deveau est expert sur l'esclavage auprès de l'UNESCO.
En 1763, au Traité de Paris, les Français perdent le Canada. La Rochelle, à ce moment, se réoriente exclusivement sur la traite des noirs avec une activité annexe qui existait déjà auparavant, la pêche à la morue à Terre Neuve.
En centre-ville, vous verrez nombre d'hôtels particuliers construits à cette époque, à commencer par celui où nous nous trouvons, l'hôtel Fleuriau.
Vous êtes chez moi, Aimé-Benjamin Fleuriau. Mon père était marchand affineur de sucre, mon oncle : planteur. J'ai fait fortune à Saint-Domingue comme quelques dizaines de familles rochelaises.
Saint-Domingue, c'est l'actuel Haïti.
Comme l'indique son titre, ce tableau est une copie. Elle a été réalisée par le tout premier conservateur des musées de La Rochelle, Edouard Pinel.
Et il a respecté tous les détails de l'original, y compris les plus fantaisistes. Annick Notter.
C'est quand même une vision un peu idyllique du port de La Rochelle dans la mesure où, au 18ème déjà, le port est très envasé, peu profond. Les bateaux les plus importants ne rentrent pas. Le peintre a peint en arrière-plan de grands trois mâts qui ne se sont jamais stationnés dans le port.
Vous ne trouvez pas que c'est très propre pour un port commercial d'une telle envergure ?
C'est presque de la propagande ! Joseph Vernet a répondu à une commande royale : exalter la beauté et la richesse d'une quinzaine de ports français dont La Rochelle. Ce qui n'enlève rien à la valeur artistique de ce tableau.
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