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Pendules d'Atala

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Pendules d'Atala

Des pendules précieuses, romantiques et exotiques.

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Pendules d'Atala
Voici deux pendules du premier quart du 19ème siècle, qui illustrent, toutes les deux, le roman de Châteaubriand, Atala.
Vous verrez d'autres objets de ce genre, sur d'autres thèmes, dans d'autres salles du musée.
On les a appelées successivement pendules " au nègre ", puis " au sauvage " puis pendules " exotiques ", selon les époques.
Elles étaient à la mode au 19ème siècle, en tout cas, chez les gens qui en avaient les moyens !
Ce sont des objets relativement coûteux parce que les matières sont des matières nobles.
Bernard Sénéca, horloger et restaurateur en horlogerie ancienne.
On a la conception d'un ouvrage qui est en bronze, fait par morceaux. Ces bronzes sont assemblés avec des patines diverses. On a une dorure d'or moulu, mélangé à du mercure qui s'évapore quand on le chauffe, pour rester sur la partie en bronze.
La couleur du personnage noir est obtenue par oxydation.
Il faut payer le dessinateur, le brevet qui a été déposé, le bronzier, évidemment, qui va construire l'objet, le doreur. De nombreuses professions sont là-derrière. Et enfin, c'est fait pour donner l'heure donc il va falloir aussi payer l'horloger, c'est-à-dire la conception du mouvement. En plus de ça, les séries sont relativement modestes et l'objet, moins on en fait, plus il coûte cher, bien sûr.
Les illustrations étaient effectivement brevetées, un peu comme les inventions. Leurs auteurs s'inspiraient des thèmes en vogue, ici, Atala, roman de François-René Châteaubriand paru en 1801.
[musique romantique-début 19ème]
C'est l'histoire d'une jeune indienne chrétienne, Atala, qui tombe amoureuse de Chactas, guerrier indien ennemi, prisonnier et promis à une mort certaine.
On voit sur une pendule Atala qui délivre Chactas, et sur l'autre, un moment de repos qu'ils s'accordent dans leur fuite.
L'histoire finit très mal mais le succès du livre est fulgurant, comme l'explique Annick Notter, conservatrice du musée du Nouveau monde.
Nous sommes au lendemain de la Révolution. Châteaubriand a senti qu'il y avait un besoin de retour à de belles histoires d'amour, à des histoires tragiques - l'ambiance s'y prête aussi - un retour à la nature, un retour à la religion. Je crois qu'il a écrit ce roman juste au bon moment.
[lecture - c'est Châteaubriand qui parle]
" Je vis dans ce récit le tableau du peuple chasseur et du peuple laboureur, la religion, première législatrice des hommes, les dangers de l'ignorance et de l'enthousiasme religieux, opposés aux lumières, à la charité et au véritable esprit de l'Evangile, les combats des passions et des vertus dans un coeur simple, enfin le triomphe du christianisme sur le sentiment le plus fougueux et la crainte la plus terrible, l'amour et la mort. "
C'est ce que dit Châteaubriand de ce roman réédité 5 fois rien que pendant pour sa première année.
Notez tout de même les fantaisies des dessinateurs : Chactas est noir comme un Africain alors qu'il est amérindien, et sa coiffe rappelle plus les peuples de Tahiti que d'Amérique du nord ; Atala l'indienne est vêtue à l'antique.
C'est une vision romancée de cette Amérique qui fait rêver la France du début du 19ème siècle. On y trouve aussi le mythe du bon sauvage, cultivé pendant le siècle des Lumières ainsi que les prémices du romantisme.
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