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Les mohawks

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Les mohawks

Des Indiens et des colons

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Les mohawks
Voici deux Indiens, un homme et une femme qui appartiennent à la tribu des Mohawks. C'est la conservatrice du musée, Annick Notter qui nous en dit plus.
Les Mohawks sont une tribu qui appartient à la fédération iroquoise, les Iroquois qui vivent au nord de l'état de New York actuel, au sud du Saint-Laurent. Ce sont les alliés des Anglais.
... donc les ennemis des Français ! Forcément. Parce que les Français et les Anglais se disputent le Canada.
Observons les vêtements de ces Indiens : pas tout à fait traditionnels.
La femme d'abord : elle est vêtue d'une sorte de couverture colorée. Sa jupe indienne, ses mocassins et la manière dont elle porte son bébé rappellent ses origines.
Mais ce qui est amusant, c'est qu'elle porte un corsage caractéristique de la mode européenne du 18ème siècle donc elle a adopté des pièces de vêtements que son mari vraisemblablement a acquis dans un troc avec les Anglais.
Et chez l'homme qu'y a-t-il d'européen ?
Commençons par sa tenue traditionnelle : sa coiffure iroquoise, son tomahawk, ses peintures, son cache-sexe, ses bracelets, ses mocassins sont bien amérindiens. Mais regardez sa tresse.
Cette grande mèche est resserrée dans des liens de peau ornés de plumes et de médailles. Il a sans doute obtenu ces médailles ou ces monnaies par le troc. Il ne les utilise pas pour leur valeur monétaire mais pour leur valeur décorative.
Le troc, les Européens le pratiquaient pour se procurer les peaux et fourrures remarquées par Samuel Champlain en 1616 :
" Quant à leurs habits, ils sont de plusieurs sortes et façon et diversités de peaux de bêtes sauvages (...). Leurs souliers sont en peau de cerfs, ours et castors, dont ils usent en grand nombre. "
Une marchandise d'une grande valeur pour les Européens comme Samuel Champlain, qui fondera en 1608 la ville de Québec. Annick Notter.
Au départ, les raisons premières des alliances avec les Amérindiens, c'est vraiment essayer de concentrer le commerce des peaux en passant par les Amérindiens qui étaient en mesure, d'une part d'aller les chercher toujours plus loin et surtout de les traiter correctement.
Au fil des années, c'est un véritable trafic de peau qui s'établit : la traite de la pelleterie, ce qui augmente les tensions entre certaines peuplades ennemies qui se retrouvent en concurrence.
Et que faisait-on en France avec ces peaux ?
Pour l'essentiel, elles étaient acheminées à Paris où des marchands les proposaient sous forme de manchons et de manteaux. Le castor intéressait plutôt les chapeliers qui en tiraient un feutre pour les chapeaux très prisé à l'époque.
-musique seule quelques secondes-
Ce sont deux représentations aussi intéressantes, parce qu'elles sont... j'allais dire assez neutres.
Annick Notter.
Ce sont vraiment deux aquarelles très descriptives sur un plan ethnographique et qui ne prennent pas position pour souligner les fantasmes occidentaux. On peut voir deux autres gravures représentant deux guerriers iroquois, où on insiste sur le côté cruel. C'est vraiment l'imaginaire occidental qui stigmatise l'Iroquois.
A vous de comparer les différentes représentations d'Amérindiens dans cette partie du Musée du Nouveau Monde et vous le verrez, c'est éloquent !
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