Musée du Nouveau Monde de La Rochelle >

La rébellion d'un esclave sur un navire négrier, Edouard-Antoine Renard

Version mobile
Espagnol English

La rébellion d'un esclave sur un navire négrier, Edouard-Antoine Renard

La vérité sur les rébellions d'esclaves

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
La rébellion d'un esclave sur un navire négrier, Edouard-Antoine Renard, 1833
Ce tableau est une véritable "arme de combat" contre la traite illégale. La scène ne laisse pas de doute. Nous sommes sur un navire négrier en pleine révolte.
L'homme noir a brisé les chaines qui entravaient ses jambes. Il s'est saisi d'un morceau de bois contre l'équipage. Les pieds d'un homme blanc, en bas à droite, laissent imaginer ce qui vient de se passer.
Dans la grande majorité des cas, il y a eu parmi les esclaves vendus un ancien chef qui est reconnu par les autres.
Les esclaves préparaient minutieusement leur révolte comme l'explique l'historien Jean-Michel Deveau, expert sur l'esclavage auprès de l'UNESCO.
La vie sur un navire négrier, c'est un univers carcéral qui est réglé c'est-à-dire que les horaires sont parfaitement fixes. Les esclaves savent repérer tout cela. Il y a aussi l'opportunité de trouver un instrument qui peut être une barre de fer, une hache, un outil quelconque qu'un matelot a laissé traîner. A ce moment-là, on s'empare d'un ou deux matelots et les esclaves essayent de se regrouper sur le pont.
Il arrive que tout l'équipage soit exécuté comme dans la nouvelle de Prosper Mérimée " Tamango ", qui a probablement inspiré ce tableau.
Lorsque le cadavre du dernier blanc eut été jeté à la mer, les noirs, rassasiés de vengeance, levèrent les yeux vers les voiles du navire, qui, toujours enflées par un vent frais, semblaient obéir encore à leurs oppresseurs et mener les vainqueurs, malgré leur triomphe, dans la terre de l'esclavage.
On a des récits de navires rochelais qui ont retrouvé des navires d'autres ports livrés au gré des flots, parce que les Africains ne savent pas faire naviguer ces énormes navires. Ils ont récupéré comme ça des cargaisons entières d'esclaves qui étaient dans une situation complètement désespérée.
Les historiens estiment qu'environ 12 millions d'Africains ont été achetés par les Européens dans la Traite négrière atlantique.
Le départ était sans aucun doute le moment le plus délicat :
C'est un arrachement épouvantable. D'abord ils ne savent pas où on les conduit, on leur a raconté que les blancs les achetaient pour les manger. Ils sont arrachés à leur famille, à leurs terres, à leurs ancêtres, ce qui est fondamental pour un Africain. Ils n'ont plus aucun repère, c'est le moment du désespoir total.
Pourtant les rebellions sont rares: moins de 4% sur les 427 navires négriers armés à La Rochelle.
Ce tableau a été peint en 1833. 16 ans après l'abolition officielle de la Traite par la France, mais dans les faits, plus de 300 navires hors-la-loi continuent de quitter Nantes pour l'Afrique et les îles pendant cette période.
Le combat contre la traite devenue illégale concerne également les artistes de l'époque.
Les tableaux comme celui-ci, militant contre la traite et l'esclavage.
sont rares, mais ce sont des oeuvres célèbres et spectaculaires tel Le radeau de la Méduse de Géricault qui fait clairement allusion à la traite illégale en plaçant un Noir à la tête du radeau.
Un autre tableau célèbre est celui de Turner qui représente un navire négrier dans la tempête jetant ses captifs par dessus bord.
Dans cette salle, vous verrez aussi la copie d'une gravure qui a fait beaucoup de bruit.
Elle vient du livre de Thomas Clarkson qui a combattu l'esclavage toute sa vie. Elle montre comment 454 esclaves, déshumanisés et indifférenciés, traversaient l'océan atlantique sur le Brooks, un navire de Liverpool.
Retour haut de page