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La chasse au héron

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La chasse au héron

Trois cavaliers, les yeux levés au ciel, fixent deux faucons qui foncent sur un héron.

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Trois cavaliers, les yeux levés au ciel, fixent deux faucons qui fondent sur un héron.
Leurs chevaux sont magnifiques. > < Eugène Fromentin exprime dans son livre " un été au Sahara " sa fascination pour les montures algériennes :
Voix d'homme
" Je reconnus ces chevaux noirs à reflets bleus que les Arabes comparent aux pigeons dans l'ombre, ces chevaux couleur de roseau, ces chevaux écarlates comme le premier sang d'une blessure. Les blancs étaient de couleur neige, et les alezans couleur d'or fin. " >
< Observez le faucon du cavalier de droite.
Il porte sur la tête un capuchon de couleur rouge, qui l'empêche de voir la scène. Il se précipiterait probablement lui-aussi sur le pauvre héron !
Voix de curieux
Et ces marécages... c'est l'Algérie ?... >
< Eugène Fromentin s'est rendu plusieurs à plusieurs reprises dans ce pays. La première fois, il avait 26 ans et l'avait caché à ses parents. Sa mère a pourtant reçu pendant 5 semaines des lettres de lui... envoyées par un ami resté en France ! >
< Mais c'est étrange ce paysage ! De l'eau, des marécages...
C'est aussi ce qu'a pensé le Salon, en 1865, qui a reproché au peintre rochelais son manque de réalisme ! Pourtant, il n'y a pas que le Sahara en Algérie, il y aussi des marécages.
Et ce ciel ! Plus atlantique que méditerranéen !
Fromentin le peint tel qu'il le voit et le raconte dans ses écrits de voyages.
Il dit que ce qu'il l'a frappé en Algérie, c'est une lumière écrasante, qui avec le soleil, fait que le ciel n'est pas bleu, mais gris.
Annick Notter, conservateur du musée des Beaux-arts de La Rochelle, ville natale d'Eugène Fromentin : Cette lumière plombe le paysage, les ombres, > l'appréhension qu'on a des lieux. En, plus, c'est vrai dans la Chasse au héron et d'autres paysages qu'il peint, il peint des paysages de marécages, avec de l'eau, et il y a une espèce de fusion, finalement dans ses peintures, entre l'eau un peu stagnante, peu profonde, qui s'évapore sous la chaleur, et l'air. Une des caractéristiques et une des qualités de la peinture de Fromentin, c'est justement d'avoir su traduire, en lumière et en couleurs, cette impression à la fois de moiteur, d'humidité chaude ; < la perception difficile des limites entre la terre, l'eau et la terre humide.
C'est sans doute cette ambiance, ces chevaux remarquables qui ont séduit le duc d'Aumale, qui connaissait bien l'Algérie.
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