L'île de Murano: petite histoire des verriers de l'île de Murano du 10ème siècle à nos jours... >

L'île de Murano

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L'île de Murano

Une île, l'endroit idéal pour garder un secret

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Petite histoire des verriers de l'île de Murano du Xème siècle à nos jours
Quand on arrive en bateau sur l'île de Murano, à un plus d'un kilomètre de Venise, on aperçoit tout de suite au milieu des maisons rouges, de grandes bâtisses où s'étale cette inscription : FORNACE. Littéralement, la fournaise. Ce sont les ateliers des célèbres maîtres verriers de l'île.
Ce sont eux qui ont fait la gloire de cette toute petite île qui ne compte plus que 6000 habitants. Ils étaient 5 fois plus à la Renaissance !
Dans l'atelier, ce bruit de fond est permanent, c'est le four. Il chauffe le verre à plus de 1000 degrés et le transforme en une pâte, molle, visqueuse aussi malléable que de la pâte à modeler !
Et en apparence, à voir les artisans façonner ainsi le verre, ça semble très facile ! En fait, les recettes et formules chimiques de ces savoir-faire sont jalousement gardées depuis des siècles.
Le 1er document qui mentionne une activité de verrerie à Venise date de 987.
Une activité qui a dû se développer et provoquer quelques incendies dans la cité des Doges.
C'est pour cette raison qu'à la fin du XIIIème siècle, le Grand conseil décide d'interdire les fours des verriers à Venise. Désormais, ils travailleront sur l'île de Murano.
Une île... c'est le lieu idéal pour garder un secret. Il faut dire qu'au Moyen-âge et à la Renaissance, les réalisations des artistes-verriers de Venise font des envieux !
Pour éviter les fuites, le Grand conseil de la Sérénissime a décidé dès le XIIIème siècle d'interdire l'expatriation des ateliers. Celui qui va travailler hors de Murano est banni de la corporation.
On raconte quand même que Louis XIV a tenté d'introduire ses espions à Murano au moment de la création de la manufacture royale des miroirs de Saint-Gobain !
Aujourd'hui, les verriers insulaires travaillent avec les mêmes outils que leurs ancêtres, mais pour une autre clientèle : les touristes ont remplacé ces souverains d'Europe qui payaient à prix d'or des pièces majestueuses à la hauteur de leur prestige.
On peut encore admirer ces chefs d'oeuvres : vases transparents finement gravés au diamant, chemin de table monumental en forme de jardin, plats dorés où s'étalent en tons pastel de jolies scènes mythologiques. Une collection historique exceptionnelle qu'expose le musée du verre de Venise, bien sûr, sur l'île de Murano.
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