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La cense Douxflamme

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La cense Douxflamme

Une cense témoin du passé agricole du village dont l'essor reposa aussi sur l'exploitation de la terre plastique

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La cense Douxflamme
Avec ses moellons calcaires et ses volumes allongés, cette ancienne ferme est caractéristique de l'architecture condruzienne. Ses bâtiments du 17ème s'ordonnent autour d'une vaste cour rectangulaire. S'ils ont été transformés en logements, la cense Douxflamme n'en n'a pas moins été pendant des siècles l'une des trois grosses exploitations agricoles qui ont fait la richesse de Mozet.
Mais son essor, le village le doit surtout à son sous-sol. Constellé de grottes, comme celles de Goyet où vécurent aussi bien cromagnon que néandertal, le sous-sol de Mozet a longtemps regorgé de carrières. De pierres calcaires mais surtout de terre plastique.
C'est de l'argile. Très réfractaire. Oui oui. Très rougeâtre. Vraiment rouge. Avec des tâches jaunes.
Arrière petit fils. Petit fils. Et fils de mineur, Ferdinand Marlet a exploité dès 16 ans cette terre plastique, la " derle ", réputée dans le monde entier et utilisée dans les usines d'Andenne, selon sa qualité, pour fabriquer des briques, des tuyaux, des poteries ou encore de la porcelaine.
Plus on montait dans le pourcentage d'alumine, plus on faisait la fine poterie.
Sa première descente à 80 mètres dans les entrailles de la terre, Ferdinand l'a faite comme sa dernière : au moyen d'un simple treuil.
Si vous voulez, c'est comme un charbonnage mais en miniature. Et on descendait sur un crochet. Appuyé sur le crochet. Et on descendait avec ses lampes. Et anciennement c'étaient des crassets, on appelait ça. Des lampes à l'huile. Et l'huile se fabriquait sur place. Y a les ruisseaux. Y avaient des meules et on meulait le trèfle et la luzerne. Pour avoir l'huile. On était jamais en panne d'électricité.
Et c'est à la lueur de cet éclairage rudimentaire que Ferdinand découvre le fond de la mine
C'était une galerie dans le sable. Et après une vingtaine de mètres, on arrive dans le gisement à ce moment là. Et là, j'ai vu le mineur qui était à la taille. Qui s'appelait le houweur. Manches retroussées. A la houe, il décollait les blocs.
Jamais dans sa carrière, Ferdinand n'a connu d'accidents. Mais quelques frayeurs, si.
Parce que dans ces vieux gisements là, y a les bolies. Les bolies c'est ce mélange de sable et d'eau. Et de macheria. Le macheria c'est cette matière comme du marc de café. Et c'est une matière fossile en décomposition. Et toutes ces matières là se véhiculaient de cavités en cavités. Avec les éboulements. Et ça faisait un bruit vraiment comme le tonnerre. Et les vieux me disaient : " y a le diable qu'est en train d'égruler ". Le diable est encore en train de gronder. Et alors quand ça continuait, ils disaient " Voilà. Ah cette fois ci il a chité à son pantalon. " Il a fait la toilette dans son pantalon. Ah c'était vraiment typique.
Un bruit typique qui s'est définitivement tu à la fermeture des exploitations, dans les années 60, face à la concurrence des carrières industrielles allemandes. Ne restent plus des carrières de terre plastique de Mozet que les étangs qui clairsement le paysage, comme en haut de la rue Piéltain, au lieu dit la Fabrique.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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