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Le chemin de croix

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Le chemin de croix

Des céramiques pleines de surprises, signées Léon Elchinger

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Le chemin de croix
C'est un chemin qui reproduit symboliquement la montée au Calvaire de Jésus Christ. Ici, les 14 stations sont illustrées par des oeuvres de Léon Elchinger réalisées entre 1933 et 1935.
Pour l'époque, c'est un véritable défi technique que le céramiste de Soufflenheim a dû relever... Les étapes du chemin de croix avaient bien sûr pour vocation d'être exposées aux vents, aux intempéries, et au froid ambiant... Léon Elchinger a alors estimé qu'une température de 1400 degrés était nécessaire pour durcir correctement et durablement ses épreuves... Le bois ne permet de monter la température du four qu'à 800 degrés... En y incorporant du charbon, Elchinger arrive à 1200 degrés... Le petit "plus", il va le trouver en incorporant du pétrole... Mais aucun four n'est assez grand pour les stations qui mesurent plus de deux mètres sur deux... Il faudra donc les cuire par morceaux et les reconstituer ensuite...
Passée la technique, place à l'anecdote... Léon Elchinger ponctue ses oeuvres de signes très personnels... A la station n°12 par exemple, son propre fils Arthur, qui deviendra Evêque de Strasbourg, prête son visage à Saint Jean, alors que Monseigneur Brunissen, alors recteur du Mont Sainte-Odile prend les habits de Joseph d'Arimathie.
Vous remarquerez peut être aussi que lorsque le Christ est montré en train de tomber, c'est toujours sur une pierre...Un clin d'oeil au mur païen !
Une autre anecdote ? Elle concerne la station n°6. Pour celle-ci, Léon Elchinger va devoir corriger son oeuvre... Son petit-fils, Marc Elchinger raconte.
"Il n'y a en a eu qu'une seule qui a été remise en cause, c'est celle où Véronique vient essuyer le visage du Christ, et elle a pris son voile, donc elle était tête nue... Dans un premier temps on ne s'en était pas aperçu, mais dans un deuxième temps, oui, et on a fait refaire cette station, où Véronique croise le Christ et lui essuie le visage, et on lui a mis un deuxième voile... Donc vous voyez que l'histoire de voile, ça peut être répétitif."
Dernière facétie, Léon Elchinger, en guise de pied-de-nez au clergé local de l'époque, laisse tout de même paraître une natte de Véronique sous le voile, histoire de taquiner les autorités ecclésiastiques de l'époque, pour qui il était impensable qu'on puisse voir les cheveux d'une sainte. Ce magnifique chemin de croix a été restauré en 2011.
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