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Les chapiteaux

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Les chapiteaux

Le légionnaire Martin partage son manteau pour en donner une moitié à un mendiant.

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Nous sommes dans la galerie nord du cloître, devant un chapiteau racontant l'histoire de Saint-Martin.
Observons d'abord la face située sur votre droite.
Un homme à cheval armé d'une épée tend un grand morceau d'étoffe. L'autre bout du tissu est aux mains d'un second homme, debout, dont on voit distinctement les côtes.
Une scène facile à décrypter pour qui connaît l'histoire sainte.
Le légionnaire Martin partage son manteau pour en donner une moitié à un mendiant.
Mais il y a ici plus qu'une illustration de la légende de Saint-Martin.
Regardez bien l'épée du légionnaire.
Une inscription y est gravée, comme l'explique Chantal Fraïsse, conservatrice du patrimoine.
Alors, on s'était aperçu qu'avec une épée, il partageait le manteau. Et pourtant, ce mot " dirimit ", qui veut dire " il sépare ", insiste beaucoup sur cette séparation et l'exégèse, c'est-à-dire tous ces textes de commentaire de l'écriture sainte, a un thème fondamental qui est que l'Ancien testament et le Nouveau testament ont été séparés pour un temps, pour le temps humain finalement.
Et il est aisé de faire le lien avec une autre scène de ce chapiteau, placée côté galerie.
Le Christ, accompagné de deux anges, apparaît en rêve à Martin, pour lui offrir un splendide manteau.
L'Ancien et le Nouveau testament sont à nouveau réunis en Jésus Christ !
N'hésitez pas à vous approcher pour apprécier la finesse de ces deux sculptures : les ourlets de l'étoffe et les doigts de pied du mendiant surprennent par leur exactitude.
A qui étaient donc destinés ces messages gravés dans la pierre ? Chantal Fraïsse.
La galerie sud des cloîtres était consacrée à quelque chose que devait, selon la règle de Saint-Benoît, faire le père abbé à ses moines : leur lire un passage de la Bible et le leur commenter, c'est-à-dire extraire le sens que Dieu avait mis derrière les paroles uniquement humaines. On n'a pas trop de peine à imaginer que ce travail qu'il faisait oralement, il ait eu l'idée de l'inscrire dans la chair du bâtiment qu'est la pierre.
Pour les moines, le cloître était surtout un lieu de passage pour se rendre du dortoir à la salle capitulaire, du réfectoire à une chapelle...
Et il y avait, à l'époque, une fontaine, dans cet angle du cloître.
Examinons maintenant un chapiteau décoratif.
Faîtes quelques pas dans la galerie en laissant l'entrée du cloître derrière vous et comptez 4 piliers, jusqu'à un chapiteau reposant sur deux colonnes et reconnaissable à son décor végétal.
Une trentaine de piliers sont ainsi décorés de motifs végétaux ou animaux, sculptés avec autant de soin que les chapiteaux historiés et aussi instructifs !
Observez bien la frise qui décore le bandeau supérieur, le plus fin.
On dirait une phrase en arabe ! Les spécialistes se sont longtemps divisés sur sa signification. C'est une imitation et non un verset du Coran, mais cette frise est en parfaite harmonie avec le caractère oriental de la corbeille.
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