Moissac, l'abbaye >

La salle capitulaire

Version mobile
Espagnol English Deutsch Japonais

La salle capitulaire

Au XIIème siècle, une centaine de moines peuvent se tenir dans cette salle qui est alors bien plus grande qu'aujourd'hui !

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Nous sommes dans la salle capitulaire de l'abbaye de Moissac.
Située à l'est comme dans toute abbaye, elle accueille des réunions quotidiennes comme l'explique Georges, guide à l'office de tourisme.
Tout d'abord, cela se déroulait le matin à Moissac, c'était une salle de lecture : lecture quotidienne d'un chapitre de la règle de Saint-Benoît. Ensuite, l'abbé consultait l'intégralité des moines sur une décision à prendre et ensuite l'abbé décidait. Enfin un grand confessionnal collectif où l'abbé et les moines avouaient leurs péchés et ceux qui confessaient leur faute recevaient leur pénitence. Ils se faisaient chapitrer dans la salle du chapitre.
---------------------------------musique chant grégorien--------------------------
Au XIIème siècle, une centaine de moines peuvent se tenir dans cette salle qui est alors bien plus grande qu'aujourd'hui.
Voix solennelle de curé
Écoute, mon fils, l'enseignement du maître, ouvre l'oreille de ton coeur ! Accepte volontiers les conseils d'un père qui t'aime
et fais vraiment tout ce qu'il te dit. En travaillant ainsi à obéir, tu reviendras vers Dieu.
C'est un extrait de la règle de Saint-Benoît, qui repose sur trois piliers : prière, travail et vie fraternelle. Au Moyen-âge, la journée commence à 6h, après une nuit rythmée par quelques temps de prières.
Tout d'abord, le travail principal des moines et de l'abbé, c'est la prière : plus de 8 temps donc au-delà de 8 heures de prières par jour ; ensuite il y avait les activités quotidiennes comme l'entretien ; et puis aussi, certains moines étaient des moines copistes. Ils copiaient et ils enluminaient des livres.
--------------------------------musique le nom de la rose----------------------
Cette activité n'occupait en réalité qu'une dizaine de religieux. Rendez vous compte, il faut près de deux ans pour éditer un livre ! Des textes de toutes sortes, comme en témoigne le fond documentaire de Moissac, dont quelques fac-similés sont exposés à l'accueil. Chantal Fraïsse est conservatrice du patrimoine.
Alors, c'était varié : évidemment une écrasante majorité de commentaires de l'écriture sainte mais également de l'histoire, des sciences à leur façon. C'est grâce à eux que nous avons tout l'héritage littéraire antique. On a, à Moissac, et toujours conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, un des 10 seuls manuscrits de " La Guerre des Gaules " de César ; des petites choses très drôles comme " le Testament du petit cochon " qui était en fait le manuel du petit Romain moyen qui apprenait à lire.
Des manuscrits souvent colorés où les moines laissent libre cours à leur fantaisie avec de superbes lettres, de splendides dessins d'illustration et des décors peints qui illuminent les textes, d'où le terme d'enluminure !
Un travail, qui, à long terme, pouvait se révéler " périlleux " comme l'explique Georges.
Parmi les techniques pour fabriquer du jaune, il y avait la poudre d'arsenic. Dans la première moitié du Moyen-âge, on ignore que l'arsenic est toxique. Les moines, pour tourner les pages, s'humectaient les doigts et au fur et à mesure, mouraient empoisonnés. Cette anecdote véridique a été reprise dans le roman et dans le film " le nom de la Rose ".
L'auteur, Umberto Eco a d'ailleurs fait une large place au portail de l'église de Moissac dans son roman.
Retour haut de page