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La fin de l'art roman

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La fin de l'art roman

Vous avez sous les yeux quelques-uns des 200 éléments découverts un peu partout sur les 3 hectares qu'occupait l'abbaye de Moissac au temps de sa splendeur.

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Nous sommes dans la salle intitulée " la fin de l'art roman ", située en face du relief de l'apôtre Jean.
Vous avez sous les yeux quelques-uns des 200 éléments découverts un peu partout sur les 3 hectares qu'occupait l'abbaye de Moissac au temps de sa splendeur. Chantal Fraïsse, conservatrice du patrimoine.
Le cloître et l'église sont finalement le coeur de ce qui était, pour aller vite, un petit village. Un petit village qui avait son réfectoire, son dortoir, ses ateliers, ses cuisines, ses écuries, l'endroit où vivaient les novices, normalement un peu à part des moins professes. Tous ces bâtiments ont reçu un décor, par conséquent on a eu la chance de conserver certains éléments sculptés.
Il a fallu des dizaines d'années pour construire et décorer cet ensemble, vous avez donc devant vous un résumé de plus de deux cents ans de sculpture romane, postérieure au cloître.
En parcourant l'ensemble des sculptures de gauche à droite, on perçoit vite quelques différences entre les premiers artistes romans et leurs successeurs.
Dans le cloître, il y a une variété incroyable : chaque chapiteau est un jaillissement et là, ces chapiteaux se répètent, on a les mêmes motifs, traités de la même façon ; et plus, semble-t-il, on avance dans le temps, plus on va vers des formes simplifiées à l'extrême.
Une transformation que les historiens savent expliquer, selon Chantal Fraïsse.
Un chapiteau, c'est une corbeille, et une plaquette au-dessus qui est le tailloir, qui sont séparés. Eh bien là, pour aller vite, on réunit le tailloir et la corbeille ; on simplifie ; on fait des trous au trépas au lieu de sculpter ; on a vraiment l'impression (et on a plus que l'impression : on le sait !) qu'on va vers une production " en série " peut-être parce qu'il fallait produire beaucoup et puis surtout, parce que les sculpteurs sont devenus, en fait, de petits artisans dont c'est le métier. On n'est plus du tout comme au temps du cloître avec une équipe qui ne s'appelait pas comme ça mais qui réunissait des artistes.
A l'époque non plus, les vrais connaisseurs ne s'y trompent pas ! A cet art roman finissant, ils préfèreront le tout nouveau style gothique.
Ces oeuvres-là, ces productions marquent véritablement la fin de l'époque romane parce que les productions suivantes, ça sera des productions gothiques qui ont été renouvelées par l'art du Nord de la France. Les derniers instants de l'art roman, qui s'est un peu attardé dans le Midi jusqu'au XIIIème siècle, ne sont pas des productions romanes qu'on peut citer comme des chefs d'oeuvres. On assiste à la fin d'un monde esthétique.
La quête des historiens à Moissac est loin d'être terminée. Des centaines voire des milliers de vestiges de pierre sont sans doute encore enfouis aux alentours de l'abbaye.
Avant de poursuivre votre visite, n'oubliez pas de lever les yeux pour admirer les superbes voûtes de cette salle
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