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Exécution du Private William Baker

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Exécution du Private William Baker

Devant la tombe du soldat Baker, fusilllé à l'aube le 14 août 1918.

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Bruits plume papier
14 août 1918
Mon bien aimé, je n'ose y croire. Pour moi la guerre est finie. Au front du moins. Dans quelques jours je quitterai Rémi Farm après 3 longues années. Je vais revoir Londres! Dieu que j'espère t'y retrouver sous peu!
Les préparatifs du départ battent leur plein, assombris par l'exécution de ce matin. Un soldat, le private William Baker, a été fusillé dans un champs tout près d'ici, à 5h. Accusé de désertion il est passé devant la cour martiale en juillet. Il a été reconnu non coupable mais tout de même condamné à mort pour " absence sans permission ".
A ce qu'on m'a raconté, son dossier était chargé. En décembre 17, il avait déjà écopé d'une amende pour vol et absence sans permission. Début 18, il avait manqué la parade et n'avait pas rejoint son poste. Et en avril dernier, il a fugué. Repris par la police à Boulogne sur Mer un mois plus tard, remis à son bataillon, il s'évade de nouveau et se fait pincer dans un hôpital d'Etaples où il s'est fait admettre sous un faux nom.
A l'audience, il a plaidé sa loyauté et son engagement au combat. Cela n'a pas suffi. Certes l'homme n'en était pas à son premier coup. Mais méritait-il la mort alors que tant des nôtres tombent sous les balles ennemies. Les débats vont bon train entre nous. (Je ne te cache pas que beaucoup jugent cette sentence injuste. N'aurait-on pu le condamner à une peine de prison...)
Le private Baker est un " shot at dawn ", comme on les appelait, un fusillié à l'aube par son propre camp.
Il y en eut beaucoup comme lui?
Environ 300 sur un peu plus de 3000 condamnations à mort. Sur le secteur, un des lieux d'execution était la cour de la mairie de Poperinge. On peut encore y voir le poteau. Et visiter deux cellules où les condamnés passaient leur dernière nuit.
La plupart du temps donc la sentence était transformée en prison à vie. Mais ces soldats étaient sans doute seulement des pauvres gars traumatisés par l'horreur des tranchées.
Certainement. Mais depuis une loi de 2006, le dossier de Baker comporte une nouvelle première page. Comme celui de beaucoup d'autres fusillés. Elle stipule que l'armée britannique les gracie, qu'ils ont été "victimes de la guerre" et qu'ils ne méritaient pas un tel sort.
(...)under Section 359 of the armed Forces Act 2006. The pardon stands as recognition that he was one of many victims of the First World War and that execution was not a fate he deserved.
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