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Ancienne entrée du cimetière (video)

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Ancienne entrée du cimetière (video)

C'est par cette entrée qu'on menait les soldats de l'hôpital vers leur dernière demeure.

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Ici, sur le côté, c'est l'ancienne entrée du cimetière. C'est par là qu'on conduisait les morts des hôpitaux vers leur dernière demeure. Les tombes les plus anciennes sont françaises et se trouvent sur votre droite. Les premières croix datent du 6 mai 1915. A gauche, c'est la parcelle que les anglais délimitent à leur arrivée, le 27 juin.
[ sur les propos de Tom, fade in de bruit papier qu'on fouille et lettre qu'on déplie ]
Jane mon arrière grand-mère raconte le premier enterrement dans une de ses lettres. Je m'en souviens parce qu'elle y rencontre un médecin français. Attendez voir. Que je retrouve le passage.
[lecture rapide - survol - recherche passage] 27 juin 1915. Bien cher Andrew. Aujourd'hui nous avons enterré...[gnagnagnignagna] ah voilà!
A l'issue de cette sobre et bien sombre cérémonie, j'ai fait la connaissance de Frédéric Bompaire, un médecin français. Je ne sais ce qui l'a poussé à se confier à moi mais il m'a raconté en détail l'arrivée des français à Rémi Farm.
[ longue bouffée de cigarette ou pipe recrachée - récit de Bompaire rythmé par ces bouffées nerveuses]
[voix jeune mais lasse - responsable mais aux accents un peu fatalistes]
J'ai été affecté à Poperinge en mars 15 mais notre hôpital d'évacuation y fonctionnait déjà depuis novembre 1914, pendant la première bataille d'Ypres. On était installé en centre ville, dans plusieurs écoles, un couvent et même un entrepôt de houblon. Mais en avril 1915, au moment de la seconde bataille d'Ypres, Poperinge était à portée de canon et les obus ont commencé à tomber près de l'hôpital. On comptait les blessés par milliers. La situation devenait intenable, j'en ai informé mes supérieurs qui m'ont ordonné de nous retirer hors de la zone de danger. Le lendemain, envoyé en reconnaissance le long de la voie ferrée vers Hazebrouck, je suis tombé sur la ferme de la veuve Rémy. Le déménagement a commencé aussitôt et dès minuit le nouvel l'hôpital recevait les premiers blessés. C'était le 5 mai.
[ re transition longue bouffée de cigarette]
Et dès le lendemain, les français enterraient leurs premiers morts. Les nôtres leur font face. Me jugeras-tu affreusement cynique si je te confie que j'imagine...
[La voix de Guillaume reprend le dessus sur celle de Jane]
J'imagine les champs alentours bientôt constellés de croix à perte de vue.
Jane était juste réaliste Guillaume. Au fil des ans, de nouveaux parterres seront ajoutés. Et autour des tombes les plus anciennes, le cimetière se développe en demi-cercles concentriques. 11 000 hommes y reposent aujourd'hui.
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