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Vimy : les tranchées

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Vimy : les tranchées

Des tranchées préservées pour témoigner de la violence des combats sur cette crête tant convoitée par les alliés.

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14 avril 17. Après les premiers jours de la bataille d'Arras, ,j'ai bénéficié d'une courte permission. J'en ai profité pour aller visiter le secteur de Vimy que les canadiens ont conquis, épaulés par les britanniques. Depuis le début de la guerre de position ici en Artois, cette crête est l'une des principales clés du dispositif de défense allemand. C'est vraiment une victoire capitale! Que m'a racontée le lieutenant-colonel Agar Adamson.
Cet officier, la cinquantaine bien sonnée, était en train d'écrire à sa femme. Je ne sais pourquoi mais, ému et probablement enhardi par le fait que j'écris moi-même souvent à Jane, je me suis permis d'engager la conversation bien qu'il fût gradé.
L'homme n'en a pas pris ombrage et m'a expliqué en détail cet assaut décisif.
Pendant plusieurs mois, nos gars ont aménagé le réseau souterrain, Une douzaine de tunnels sur différents niveaux avec des casemates, des stocks de munitions. Et même une voie ferrée. Le tout pour approcher les lignes allemandes en toute sécurité. Et lancer l'assaut presque sous leur nez.
Le 9 avril 1917, à 5h30, au moment même où vous autres vous sortiez des carrières d'Arras, 20 000 soldats canadiens se sont lancés à l'assaut, sous d'infernales bourrasques de neige pas franchement printanières. En moins de 30 minutes, soutenus par un intense barrage roulant, on a pris la première ligne ennemie et dans l'après-midi on arrachait la majeure partie de la crête, entièrement sous contrôle deux jours plus tard.
Une victoire rapide, mon ami, incontestable. Mais terriblement meurtrière pour nous les canadiens. Plus du tiers des hommes hors de combat. N'empêche, l'ennemi s'est maintenant replié dans le bassin minier.
Un sacré bonhomme cet Adamson! Apparemment presque aveugle d'un oeil mais quelle prestance! Et quel humour décapant! Ce fut un vrai plaisir de discuter avec lui.

Adamson... Visiblement les lettres à sa femme sont célèbres au Canada. Notamment pour leur ironie mordante. Après guerre, malade, victime d'un syndrome post traumatique, il divorce, sombre dans le jeu et voyage. Il meurt en 1929. Passionné d'aviation, il se crashe en mer d'Irlande à bord d'un "aéroplane" expérimental.
Drôle de personnage en effet!
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