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Nécropole allemande de Neuville-Saint-Vaast

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Nécropole allemande de Neuville-Saint-Vaast

Le cimetière de la Maison Blanche, la plus grande nécropole allemande sur le sol français.

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C'est le plus grand cimetière allemand en France. Plus de 8 hectares. Près de 45 000 soldats dont quelques 8000 non identifiés regroupés dans une fosse commune. Tous sont morts ici, en Artois. Après guerre, quand la France a accordé à ses ex ennemis le droit à une sépulture perpétuelle, on a rassemblé ici des corps enterrés dans plus d'une centaine de communes du secteur.
La Maison Blanche a toutes les caractéristiques des nécropoles allemandes : pas de mur d'enceinte, des croix noires, une herbe sauvage et beaucoup d'arbres.
Si je comprends bien, la première ligne alliée se situait près de l'entrée du cimetière. Et l'allemande de ce côté, au pied de cette grande croix d'où on aperçoit les vestiges d'un bunker.
J'ai lu ça dans le carnet d'Andrew : près d'ici, dans un secteur appelé " la tranchée du moulin ", il a été témoin d'un incroyable épisode de fraternisation.
9 décembre 1914.
Il pleut à seaux depuis des jours. Les tranchées sont complètement inondées. Comme plaisante un caporal français que j'ai croisé, un certain Barthas, qui plus est tonnelier dans le civil, c'est un nouveau supplice des Danaïdes. On passe notre temps à écoper la boue qui retombe aussitôt à cause des averses. Si ça ne s'arrête pas, on va être bientôt submergés.

10 décembre 1914.
Aujourd'hui il s'est passé l'extraordinaire, l'impensable. Pour échapper à une noyade assurée, les français ont été obligés de sortir des tranchées. Les allemands en ont fait de même qui pataugent tout autant que nous dans la boue. Et là! Pas un seul coup de fusil de tiré. Mieux. Les deux armées se sont rapprochées. On s'est serré la main, on a partagé du tabac et un coup de pinard. Incroyable. Evidemment ça n'a pas été du goût des grands chefs. Lorsqu'ils ont appris la nouvelle, ils ont intimé l'ordre à l'artillerie de tirer sur tous les rassemblements qu'on leur signalerait. Qu'importe! Pendant quelques heures, la haine a disparu entre des hommes que finalement rien n'oppose. Comme me l'a glissé le caporal Barthas, on élèvera peut-être un jour dans ce coin de l'Artois un monument en l'honneur de cet élan de fraternité entre des hommes obligés à s'entretuer malgré leur volonté.
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