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Tranchée du balcon

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Tranchée du balcon

Une tranchée dont on comprend vite le nom tant elle surplombe la vallée de l'Aisne à flanc de plateau.

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C'est donc là qu'Andrew et son compagnon d'infortune ont échoué. Bien loin du poste de secours de Craonne qu'il croyait retrouver. On voit bien pourquoi on appelle cette tranchée la tranchée du balcon. A flanc de plateau, les allemands dominaient les lignes françaises. Entre les deux, un no man's land d'un petit kilomètre, baptisé " le ravin sans nom ". Le premier jour de l'offensive Nivelle d'avril 1917, cette tranchée a été reprise au prix de lourdes pertes. . Et quand Andrew y parvient au petit matin du 27 mai 18, elle est toute proche de tomber à nouveau.
Combien de temps ai-je erré ainsi...je ne saurais dire.
Sur mon dos, le blessé ne pipe plus mot. Je ne sais pas même son nom. Epuisé, complètement désorienté, je prends une direction et m'y tiens tant bien que mal dans l'espoir que ce soit la bonne. Soudain j'aperçois un barbelé et l'instant d'après une balle siffle à mes oreilles. Aussitôt je m'égosille: " tirez pas les gars ", je n'avais pas échappé aux balles ennemies pour me faire canarder par les miens. En fait, j'ai rejoint une tranchée française. On m'indique le poste de secours où je dépose mon blessé. J'y retrouve Erwann, mon médecin breton. Quelle chance! Quelle joie de le voir là!
Mais il est mort ton gars, mon pauvre Andrew. Tu l'as trimbalé pour rien Mon dieu mais dans quel état tu es! Tiens bois un coup.
On est où ici?
Peu importe ! Faut pas rester là ! C'est la déroute complète. D'après les bruits qui courent, Craonne est tombé. Vers 6 heures. Et les allemands continuent leur percée. C'est la bérézina je t'dis. Si on veut sauver notre peau, on doit filer vers le sud. Beaucoup se sont déjà repliés. Notre seul espoir c'est de passer la rivière Aisne avant les allemands.
Désolé l'ami mais aujourd'hui, t'as pas fini de cavaler.
Leur course folle s'achèvera à Fismes, en milieu de journée. Mais là encore le répit est de courte durée. Le soir, les allemands sont aux portes de la ville et le repli reprend. Les troupes françaises sont disloquées. Les Allemands ont avancé de 20 kilomètres en moins de 24 heures. Le surlendemain, ils sont à 100 kilomètres de Paris.
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