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L'arbre du danger

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L'arbre du danger

Un arbre décharné, ainsi baptisé à l'époque car de nombreux terre-neuviens y trouvèrent la mort.

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Charmante cette Abi. Ses infos complètent tout ce que j'ai lu dans le carnet d'Andrew.
Voilà l'arbre surnommé à l'époque, l'arbre du danger. Isolé et décharné, c'est l'un des points les plus lointains que les Terre-neuviens aient pu atteindre. Là où les pertes ont été particulièrement lourdes.

C'est dans le poste de secours installé à côté de la tranchée Saint John que j'entendis l'explosion de la mine. Son fracas fut tel qu'on eût dit que la terre se convulsait jusque sous nos pieds. C'était le signal. La bataille était engagée.
Qu'était-il arrivé aux deux premières vagues d'assaut? Etaient-elles parvenues à la première ligne allemande? Impossible de le dire avec précision. Les informations qui parvenaient à Beauvoir de Lisle, le général de la 29ème division, étaient confuses.
On apprendrait par la suite que l'explosion prématurée de la mine avait surtout permis à l'ennemi de se mettre en position pour repousser nos troupes : la plupart furent bloquées dans le no man's land. Et pourtant, on informa le général que le premier assaut était un succès. Il décida donc logiquement d'envoyer deux bataillons pour soutenir l'attaque sur le flanc droit : le 1er Essex et le NewFoundLand.
Je vis les Terre-neuviens quitter Saint John's road vers 9h05. Apparemment le 1er Essex restait bloqué de l'autre côté de la rivière Ancre : les Terre-neuviens étaient seuls. Qui plus est, ils tombèrent très vite sur des tranchées de communication totalement bloquées par les morts et les blessés. Alors leur chef leur donna l'ordre de franchir le parapet et d'avancer à découvert.
Sitôt passée la crête, les mitrailleuses allemandes se déchaînèrent, fauchant impitoyablement les malheureux. Certains parvinrent à franchir nos propres barbelés pour dévaler la pente du no man's land. Beaucoup furent stoppés près de l'arbre du danger. Et les rares survivants échouèrent héroïquement devant le barbelé allemand. Ils étaient encore loin, très loin de Beaucourt, leur objectif initial! En une demi heure le régiment était décimé. Le lendemain, sur les 800 gars partis au feu, moins d'une centaine répondaient à l'appel.
Je n'ai aucune nouvelle de Mayo Lind. On m'a dit qu'on l'aurait vu tomber du côté de l'arbre du danger.
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