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Port de Chartressac - Chaillevette

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Port de Chartressac - Chaillevette

Chatressac vit aujourd'hui au rythme des huîtres.

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Nous sommes à Chatressac , l'un des deux ports de Chaillevette . Faîtes quelques pas sur le quai, jusqu'au premier ponton où sont amarrés les chalands ostréicoles, devant la maison de brique rouge.
Chatressac vit aujourd'hui au rythme des huîtres, mais autrefois, on fabriquait ici des bateaux, notamment des terre-neuvas ou morutiers, destinés à la pêche dans l'Atlantique nord.
Ce n'était pas exactement sur ce port. En réalité, l'ancien port a été obstrué.
Remarquez la petite place sur votre droite. C'est ici que se trouvait le port de pêche, avant qu'on le comble.
Au XVIIème siècle, les morutiers partaient d'ici pour de longs mois. Bernard Tastet a beaucoup écrit sur Chaillevette et son histoire :
" La pêche à la morue était en effet une aventure. On pratiquait cette pêche sur de petits bateaux. C'était des embarcations qui faisaient 60 tonneaux, guère plus. C'étaient de véritables coquilles de noix. Il fallait avoir un courage extraordinaire, sur des mers pas toujours très calmes. Les dangers étaient grands. Les pirates sévissaient. C'était une véritable aventure, on n'était jamais sûr d'arriver à bon port. "
Pourquoi est-ce que la morue était si importante ici ?
Les Saintongeais n'ont pas été les précurseurs. Les Portugais et puis surtout les Basques nous ont précédés très largement dans ces activités, mais ils venaient se ravitailler en sel, ici, dans notre Saintonge, et les Saintongeais ont imité les gens qui venaient chercher le sel. Et ils avaient un avantage important sur les autres : c'est que le sel, ils le produisaient eux-mêmes.
Cette aventure, Jean-René Clergeau la raconte dans le journal imaginaire d'un marinier de l'époque. Le livre s'appelle la Moulue Saurette , ce qui signifie, la Morue salée.
" Cela va faire quarante jours que nous sommes partis, et la brume qui a fini par s'évanouir, nous montre une mer toujours grise et peu agitée, avec, cependant, suffisamment de brise pour faire bonne route. Notre capitaine, qui scrute sans cesse l'horizon, remarque des oiseaux gris et blancs, avec un peu de noir, qui nagent et plongent à une encablure dans l'ouest. Il les appelle des " godes " et les reconnaît bien, leur présence indiquant un grand banc, au sud des terres Neuves, qui s'étend jusque dans le grand Golfe, ou presque à l'embouchure de la rivière de Saint Laurent "
Remarquez le moulin à marée, sur votre droite
Construit sur le chenal, il créait un puissant effet de châsse qui évacuait les sédiments déposés par la marée. Sans lui, le port se serait probablement envasé. Le moulin créait un fort courant dans le chenal, qui entraînait les sédiments.
Dire que ce port aurait pu connaître un autre destin. Beaucoup plus glorieux !
On raconte -et les archives le montrent- que sous Louis XIV, le commissaire Colbert de Terron avait d'abord choisi de construire l'Arsenal tout près de Chaillevette . Mais c'est bien Rochefort qui a finalement été choisi en 1666 .
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