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Peillac - Pont d'OustUn port aux portes du marais...

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Peillac - Pont d'Oust
Un port aux portes du marais...
La brume sitôt levée ce matin-là, l'Aurore appareille vers Peillac. La Vilaine est tout près, l'Arz coule en contrebas, et le ruisseau des Fougerêts longe l'Oust. En hiver, les praires sont inondées et la vallée prend des airs de marais. Paradis des hérons gris, des aigrettes et des oiseaux d'eau, le fief des Landes de Lanvaux se pique ici de saules, de chênes et de roseaux.
Le chaland, bientôt, arrive en vue du quai de Peillac. Il est encore tôt mais les cris des mariniers résonnent sur l'eau. L'équipage accoste et décharge la cargaison de chaux vive dans une cohue de chevaux, de charrettes et de chars à boeufs. Certains paysans sont venus de loin pour acheter de l'engrais ou vendre leur grain. Moitié en gallo, moitié en français, les tractations se font. Les sacs changent de mains.
Tournant une amarre sur la rive d'en face, Yann annonce :
Nous allons attendre notre tour, puis prendre du bois...
Les chalands repartent le plus souvent d'ici chargés de bois. Dans les futaies, le châtaigner pousse haut et dru. On le coupe pour faire des pièces de charpente et des planches. Quand il repart en taillis, il donne des perchots pour les barrières et des cercles de barriques. Les cercliers du cru en produisaient tant qu'ils en expédiaient dans tout le pays depuis le Pont d'Oust.
En attendant leur place, les équipiers de l'Aurore prennent le temps de regarder autour d'eux.
Voyez les enfants, nous sommes tout près du mortier de Glénac. Tout le monde a un canot' par ici, c'est le seul moyen de se déplacer dans le marais. Les gars pêchent et chassent depuis leur plate.
Ils chassent quoi ?
Des canards surtout et des grenouilles, je crois.
Et qu'est-ce que c'est que ces pierres, là, toutes droites ?
Des palis. Les gens ont pris l'habitude de faire des barrières en pierres pour qu'elles ne pourrissent pas ! Et la pierre, ils en ont dans le coin : du granite, du grès, de l'ardoise...
Peillac, Redon, sont pays de châtaignes. Ramassées dans des vergers d'arbres greffés, elles sont réputées jusqu'en Angleterre. Les gens y connaissent si bien leur affaire qu'ils arrivent à faire pousser des arbres énormes... Si grands, si généreux et si robustes que les histoires courent à leur sujet.
Les soirées de veillées, quand les fruits rôtissent au feu, les disous rivalisent de récits, de contes et de menteries. Ils affirment par exemple qu'il existe dans la région un arbre tellement gigantesque que six coucous s'y seraient retrouvés un jour à chanter tout le jour sans s'entendre entre eux ! Un conteur aurait vu ailleurs une châtaigne si charnue qu'elle nourrissait une famille entière.
Hardis les mousses ! À notre tour de charger du châtaigner...
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