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Montertelot

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Les roues battent l'eau...A Montertelot, Royaume des perches, civelles et brochets.

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Les roues battent l'eau...A Montertelot,
Royaume des perches, civelles et brochets.
Le déversoir fait le dos rond à Montertelot, avant de se jeter, deux mètres cinquante plus bas, sur les rochers protégeant la chute. Le barrage, ici, est bien plus ancien que le canal...
Dès la fin du Moyen Age, les habitants du hameau entravent l'Oust pour les besoins des moulins. Ils étaient trois du côté de Montertelot plus un sur la berge du Roc-Saint-André, en face. Les trois de ce bord-ci avaient chacun leur spécialité :
Le premier foulait le " tan " de chêne, pour la tannerie.
Le second mâchait la pâte, pour le papier.
Le dernier brisait le blé, pour le boulanger.
De ces quatre roues, il n'en reste qu'une lorsque l'Aurore arrive ici, en 1895. Car pour mettre la voie d'eau au gabarit des bateaux, il a fallu détruire les trois moulins du bourg. Seul celui du Roc continue à fonctionner... Jusqu'en 1930.
Debout sur le barrage, des enfants pêchent dans le courant.
Yann annonce à Pierrick et Ann :
Nous en ferons autant dès que la jument sera au champ ! Pour commencer, nous mettrons quelques " bois-courant " à traîner pour la nuit. Je garde des sabots troués exprès ! Ils flottent tant que la ligne est vide... Et si le brochet mord, il coule !
Malin...
Oui, un gars du coin m'a montré cette combine. De sacrés bons pêcheurs, les gens d'ici !
Un coup de trompe pour avertir l'éclusière de l'arrivée du bateau, et le chaland se met en attente devant les portes. Le capitaine lui demande :
Vous avez beaucoup de civelles cette année ?
Plus autant qu'autrefois !
La pêche, dans le pays, est un art autant qu'un mode de vie. La rivière abonde en brèmes, perches, gardons, sandres, chevesnes... Chaque espèce a ses habitudes, son caractère et sa saison.
Ainsi le gardon mord à la graine de chanvre cuite. Mais seulement en été. En hiver, il boude son appât favori. La brème et la tranche n'aiment pas le chènevis mais se jettent sur un grain de blé cuit, quelle que soit la saison. Le chevesne, lui, adore les cerises... Elles étaient nombreuses autrefois. Les cerisiers ayant disparu, les connaisseurs les attrapent aujourd'hui à la mûre.
Avant la construction du barrage d'Arzal, en contrebas, des poissons de mer nageaient jusqu'ici. La civelle, surtout. Elle remonte l'Oust où elle devient anguille. Elle doit alors éviter les pièges, fouênes, nasses et autres filets pour se reproduire, mettre sa tenue d'argent et redescendre vers la mer.

Le brochet, ce " Tigre des eaux ", chasse à l'affut dans les herbiers et se nourrit de tout : grenouilles, poissons, il mange même ses petits. Son seul défaut ? La gloutonnerie ! Ses 700 dents recourbées en hameçon l'empêchent de relâcher les proies trop grosses. Il meurt parfois... étouffé !
Yann se souvient :
En hiver, les brochets sortent de la rivière et font leurs petits dans les champs inondés. Une fois, j'étais parti pêcher au râteau... Nous en avions coincé douze en une heure. Un régal !
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