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Le Roc Saint-André

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Le Roc Saint-André

Le Roc-Saint-André, où passait le guéIci, l'Oust se laisse franchir...

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Le Roc-Saint-André, où passait le gué
Ici, l'Oust se laisse franchir...
L'Aurore s'amarre pour quelques heures au Roc-Saint-André, sous la falaise qui donna son nom au village. Les hommes ont toujours franchi la rivière à cet endroit, où l'Oust s'apaise et se laisse traverser.
Longtemps, ce passage inquiéta les voyageurs. C'est pourquoi ils bâtirent une chapelle de bon augure sur le promontoire. Il était d'usage d'aller y prier avant de tenter le franchissement du gué.
Yann explique :
Il y a cent ans à peu près, ce pont de treize arches en a remplacé un autre, en bois celui-là. Il était beaucoup plus haut, à la hauteur du château du Crévy, là où le courant était si fort, vous vous souvenez ?
Bien sûr ! La jument a eu du mal à nous retenir là-bas. Regarde ! Elle est encore toute essoufflée.
C'est la " tournée du Crévy ". Les mariniers connaissent bien ce passage. Quand l'eau est haute, plus d'un bateau s'y est fait emporter.
Unan, Daou, Tri... Treize arches ? Mais il en manque !
Oui, pour construire le canal, ils ont dû aménager les vieux ponts : certaines arches ont été " creusées carré ", pour laisser passer les bateaux. D'autres ont été carrément enlevées et remplacée par des écluses.
Avant l'ouverture de la voie d'eau, l'Oust n'était navigable que jusqu'à Malestroit. Et encore ! Si les bateaux remontaient " si haut " la seconde rivière de Bretagne, c'est que les marchands de la ville se cotisèrent pour la faire aménager. Ils y firent construire les deux premières écluses à sas de France.
Une fois le canal mis en eau, les péniches de la basse vallée de l'Oust poussèrent le commerce encore plus loin vers l'Argoat.
En 1895, elles sont nombreuses à venir dans les terres livrer du sable de Loire, de la chaux, des épices venues de Nantes et du vin. Elles repartent chargées de bois, de pommes, et... d'étain. Car des mines existaient ici depuis le temps des Celtes, puis des Romains. Quand Pierrick passe par le Roc, l'extraction a recommencé sur le site de la Villeder.
Ann et le mousse s'étonnent :
Oust ! C'est un drôle de nom...
Tu crois que c'est parce qu'elle court si vite dans les virages ?
Non... Avant, elle s'appelait Ult, à ce qui paraît. L'éclusier m'a même dit que pendant un moment, on l'a appelé Aoust.
Yann fait signe aux enfants de relancer la jument.
On est reparti...
Depuis les années 30, les chevaux qui remontent l'Oust ne halent plus de chalands. Quant aux péniches motorisées qui les ont remplacés, on ne les croise plus non plus à l'écluse du Roc... De nouvelles embarcations, le loisir celles-là, succèdent aujourd'hui aux grandes coques de bois ou de fer.
Désormais, c'est pour le plaisir que les voyageurs franchissent le gué du Roc-Saint-André et remontent l'Oust vers les créneaux du château de Crévy.
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