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Le sanctuaire

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Le sanctuaire

Nous sommes à la croisée du transept, juste devant quelques marches qui nous séparent de l'abside.

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Nous sommes à la croisée du transept, juste devant quelques marches qui nous séparent de l'abside.
Aux portes du sanctuaire donc. Le lieu le plus sacré de la cathédrale.
C'est dans ce demi-cercle, dans l'abside, que le prêtre préside au sacrement de l'Eucharistie le dimanche. Il distribue le pain et le vin, autrement dit le corps et le sang du Christ, en mémoire de son sacrifice.
Il le distribue depuis l'autel... cette grande table.
Dans la liturgie chrétienne, le prêtre vient aussi citer des passages des évangiles ou faire son sermon à l'ambon : ce pupitre sur la gauche, qu'on appelle aussi table de la parole. Il vient ensuite s'assoir sur ce siège de bois à droite.
Il ne va pas s'assoir au fond de l'abside, derrière l'autel ?
Et bien, non. C'est un siège réservé à l'évêque du diocèse : la cathèdre. C'est d'ailleurs ce qui a donné son nom à " cathédrale "... l'église de l'évêque. Ici, dans la primatiale Saint-Jean-Baptiste, c'est Monseigneur Philippe Barbarin, archevêque de Lyon qui s'y assied. Lui et lui seul. Ecoutons-le.
A Lyon, l'évêque est sur une cathèdre de pierre qui est inscrite dans l'architecture. Ce n'est pas un siège qu'on lui a mis en plus, ou qui arrive du 18e siècle ou qui est une belle boiserie ou un beau fauteuil moderne qu'on lui a fait faire : son siège, il est inscrit dans l'architecture. Et il y a les bancs de pierre pour tout son presbyterium, c'est-à-dire tous les prêtres qui sont à côté de lui. C'est vraiment sobre, c'est fort, c'est extrêmement solide et, d'emblée, les prêtres sont unis à leur évêque et le peuple voit tous les prêtres entourant l'évêque dans cette maison qui est la maison de tout le monde : donc, dans l'architecture-même de la cathédrale de Lyon, il y a quelque chose que je n'ai vu dans aucune autre cathédrale.
Ce qui fait de St-Jean-Baptiste une cathédrale si particulière, c'est également son titre de primatiale. L'évêque est donc Primat des Gaules. Une responsabilité pour Monseigneur Barbarin...
Quand je suis arrivé ici, comme 135e archevêque de Lyon, on m'a conduit à l'endroit où ont été martyrisés les martyrs de Lyon en l'an 177, ce qu'on appelle l'amphithéâtre des trois Gaules. Le prêtre qui m'accompagnait m'a dit : " mettez-vous à genoux " et il m'a lu l'épisode de la mort de Blandine. Je connaissais ça depuis que j'étais petit, parce que je l'avais appris à l'école, sauf que là, évidemment, j'avais l'impression qu'il y avait 18 siècles d'histoire qui me tombaient sur les épaules, et que maintenant c'était à moi de prendre cette " sarcina " -comme on dit en latin- c'est-à-dire, cette charge.
Une charge qu'il a acceptée, non sans émotion, le 14 septembre 2002, jour où il a pris ses fonctions officielles.
La primatiale est donc un lieu source, pour le diocèse, mais aussi pour le pays : elle est l'emblème du martyr des premiers chrétiens de France. Haut-lieu de la chrétienté mondiale, elle a accueilli deux conciles au XIIIe siècle.
Un concile : c'est en quelque sorte une assemblée extraordinaire de tous les évêques du monde, qui se réunissent autour du Pape.
Le premier concile de Lyon a lieu en 1245.

Le pape Innocent IV était venu chercher refuge ici, car il était menacé à Rome par l'empereur germanique Frédéric II. Il va d'ailleurs convoquer ce concile pour destituer ce dernier.
Moins de 30 ans plus tard, en 1274. Le pape Grégoire X préside un concile de réunification des Eglises d'Orient et d'Occident.... Malheureusement, on le sait aujourd'hui, l'unité sera éphémère.
Deux événements montrent à nouveau l'importance de la primatiale dans l'histoire du monde chrétien.
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