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Saint-Lumine-de-Coutais

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Saint-Lumine-de-Coutais

La hauteur des eaux ! Tout le monde la surveille ici. Surtout les agriculteurs qui travaillent sur les prairies marécageuses.

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Le lac devant nous est hors du commun. L'hiver, en période de crue, c'est le plus grand lac de plaine d'Europe. C'est aussi la deuxième réserve naturelle de France après la Camargue.
Et moi j'ai les chiffres ! 6300 hectares l'hiver. Et 3500 l'été.
En 1980, le parfumeur Guerlain a donné à l'Etat Français les 2700 hectares de sa propriété, à condition qu'ils soient classés en réserve naturelle.
Regardez devant vous, là, cet outil de mesure.
Il permet d'évaluer la hauteur du lac qui varie beaucoup en fonction des saisons. Un instrument très important pour Hervé de Villepin, directeur technique de la Compagnie des Ports.
" Cette échelle de niveau nous permet à nous techniciens, aux éleveurs, aux promeneurs de voir la hauteur d'eau du lac de Grand-Lieu. C'est pas la profondeur du lac, c'est un niveau, c'est la hauteur d'eau, c'est une indication. Il y a encore quelques années, c'était de visu, en allant sur place, qu'on suivait l'évolution de la montée des eaux. Tous les jours je venais avant relever le niveau à Saint-Lumine et l'enregistrer sur mon calepin. Aujourd'hui, le vannage du lac de Grand-Lieu est équipé de sondes de niveau qui enregistrent en continu les niveaux d'eau, 24 heures sur 24. "
La hauteur des eaux ! Tout le monde la surveille ici. Surtout les agriculteurs qui travaillent sur les prairies marécageuses.
Elles sont traversées par des canaux creusés au 18 ème siècle pour assurer leur drainage. L'été, elles servent pour le pâturage ou la fauche du foin. > Elles n'appartiennent pas aux agriculteurs mais à la commune, d'où leur nom : " les Communs ".
Et l'été, le sol y est tellement spongieux, qu'on a l'impression de marcher sur un matelas.
Ca ne fait pas peur aux vaches. Michel Coudriau , un agriculteur de St Lumine de Coutais y amène son troupeau :
" Y'a obligatoirement des contraintes. Le fait que ce soit sur une zone humide. Ca peut être inexploitable six mois ou neuf mois de l'année suivant la pluviométrie. Donc c'est naturel, c'est la vie, ça toujours été comme ça, ça restera toujours comme ça. C'est une agriculture qui dépend de la nature. Les années sèches, on est bien dans le marais, les années humides, on est moins bien ! On compense avec les surfaces hors marais. Le marais, c'est un peu notre assurance pour avoir de l'herbe sur notre exploitation. "
Mais on a dit qu'il y avait beaucoup d'animaux ici. Pas seulement des vaches quand même ?
Non ! Il y a ici une multitude d'oiseaux. Certains sont protégés. D'autres peuvent être chassés.
La Fédération des Chasseurs de Loire-Atlantique possède ici 650 hectares entretenus grâce à la fauche des prairies. L'hiver, quand l'eau remonte et inonde tout, une partie des marais devient une zone de chasse du gibier d'eau.
Raymond Guillaud est président de la Fédération :
" Le lac est très riche, il y a énormément d'espèces. 270 espèces ! C'est énorme. On y trouve ici la représentation complète de la faune en France au niveau des oiseaux d'eau. Ce lac est très riche, il est même de type africain du fait de sa profondeur assez limitée surtout l'été. Donc les eaux sont relativement chaudes. Des espèces qui n'étaient pas présentes il y a quelques décennies sont désormais là. C'est le cas de la grande Aigrette, de la spatule blanche. Ca démontre la qualité du milieu. "
Sur le sentier de randonnée de St Lumine , vous verrez d'ailleurs des affûts. Les chasseurs s'y postent à l'intérieur pour guetter le gibier.
Le promeneur, lui, ne peut pas faire le tour complet du lac à pied car il est entouré de marais. Mais l'été, la randonnée est possible ici et à St Mars de Coutais.
En marchant, vous rencontrerez peut-être un habitant qui vous racontera les légendes de St Lumine . Par exemple, celle du Cheval Mallet .
Le cheval Mallet est l'un des êtres fantastiques qui hantent la campagne nocturne. Ici, on raconte qu'à la Pentecôte un cheval a émergé du lac de Grand-Lieu et qu'il emmenait les voyageurs égarés dans une course folle avant de les basculer dans une mare. Depuis le 16 ème siècle jusqu'à la révolution, on a fêté le Cheval Mallet.
Le cheval jupon était fait d'un corps et d'une tête de cheval en bois, dans lequel s'introduisait un homme. Le samedi, on allait arracher un chêne dans les bois pour l'emmener sur la place du village, et le dimanche de Pentecôte, le chevaloeMallet assistait à la grand'messe et aux vêpres. Puis venait sa danse rituelle: il tournait 9 fois autour du chêne et le baisait 3 fois !
Mais le plus étonnant c'est ce qui se passait ensuite !
Le bâtonnier entonnait les 99 couplets de la chanson satirique des scandales. Chaque année, elle évoquait les nouveaux potins de la paroisse, révélant souvent des choses qui auraient dû rester cachées. Puis le cheval se mettait à courir partout, avant de revenir se calmer auprès de l'arbre.
Longtemps les autorités de l'église ont cherché à faire cesser ce rite, mais il a perduré jusqu'à la Révolution .
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