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Saint-Cyr-en-Retz

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Saint-Cyr-en-Retz

Oui, ce nom vient de Ratiatum, la ville de Rezé qui a longtemps été la principale commune du secteur.

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Retz ?
Oui, ce nom vient de Ratiatum , la ville de Rezé qui a longtemps été la principale commune du secteur.
Et puis " Retz " peut aussi se rapprocher de Raas , qui veut dire " cap " en langue phénicienne. Les navigateurs phéniciens qui remontaient l'Atlantique ont donné ce nom à la région.
Alors, laissez-moi vous montrer la vue.
Face à nous, c'est la Vendée.
Légèrement à droite...au fond là bas .... Vous voyez les huit éoliennes ? Ce sont celles du Parc de Bouin, l'électricité qu'elles produisent est réinjectée dans le réseau EDF et peut alimenter 20 000 foyers.
On peut apercevoir aussi l'île de Noirmoutier, avec son pont pour y accéder.
On en voit des choses à 34 mètres d'altitude non ?
Seulement ?
Oui, vous savez, le marais est souvent au niveau de la mer, parfois en dessous.
Aujourd'hui, nous sommes à 4 kilomètres du rivage. Mais il y a très longtemps, la mer venait jusqu'ici !
Voix d'un moine " Vous parlez de la baie de Bourgneuf ?
Les livres expliquent qu'ici, jusqu'au 10 ème ou 11 ème siècle, la commune était au bord de la mer. A nos pieds se trouvait le port de la " Baye de Bretagne ".
Et puis peu à peu, la mer a reculé. Un phénomène naturel. Enfin, naturel... par la grâce de Dieu et un peu grâce à nous les moines.
Nous avons creusé des canaux et aménagé des salines.
C'est que le sel était précieux à l'époque ! Le seul moyen pour conserver les aliments, c'était l'or blanc ! Fallait voir les gros bateaux qui s'amarraient au port. Parfois, il y en a eu jusqu'à 600 !!"
Ces courageux moines vivaient notamment à l'Abbaye de la Chaume à Machecoul dont vous pouvez visiter les ruines.
Donc. C'est le roi Philippe 5 qui va inventer l'impôt sur le sel. Plus tard, avec Colbert au 17 ème siècle, ce sera la Gabelle. Elle rapportera beaucoup d'argent à la monarchie.
Emile Boutin, historien, est spécialiste de l'histoire du sel dans la région :
" Le sel était facile à contrôler, parce que c'était un élément indispensable. C'était un élément qui était lourd. Par conséquent qui était difficile à camoufler, facile à repérer. Donc les douaniers, les gabelous surveillaient les marais salants. Chaque habitant devait consommer ce qu'on appelait le sel de devoir. Chaque habitant au dessus de 7 ou 9 ans était obligé d'acheter 7 kilos de sel par an dans les greniers du roi. Donc au prix fort !"
Et gare à ceux qui essayaient de faire du trafic ! On pouvait être envoyé aux galères ou même condamné à mort !
Au milieu du 20 ème siècle, les marais salants de la baie disparaissent progressivement.
Napoléon 3 y est un peu pour quelque chose ! Il interdit aux paludiers de l'Atlantique de vendre du sel aux grands pêcheurs de morue, leurs principaux clients. Et en même temps, il offre des avantages fiscaux aux salins de Giraud dans le sud de la France. ..
Aujourd'hui, l'exploitation du sel est de retour dans l'ancienne capitale de l'or blanc.
Daniel Robard est un paludier, un producteur de sel à Bourgneuf .
" Pour faire du sel, on est obligé de partir de l'eau de mer qui est chargée à 35 grammes de sel par litre d'eau, qu'on va faire se succéder dans différents bassins, pour arriver au centre d'une grande esplanade qu'on appelle une saline. Et là, l'eau va monter à saturation et le métier de paludier c'est de gérer cette densité. Ca se voit, ça s'observe. Il suffit que le vent tourne à l'ouest, on est obligé de freiner les débits car c'est un vent qui a une hydrométrie un peu plus importante que le vent d'Est. Le bon paludier passe beaucoup de temps pour ne pas noyer le marais. C'est un métier de patience, rien que pour préparer une saline, y'a environ quatre mois et demi de travail sans obtenir un grain de sel. "
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