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Tableau de l'agonie

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Tableau de l'agonie

Les troupes françaises se sont retirées. laissant au sol 206 hommes. Parmi eux, le général de Sonis.

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Les troupes françaises se sont retirées. laissant au sol 206 hommes. Parmi eux, le général de Sonis. Une balle lui a brisé l'os de la jambe en 14 fragments au moins.
De Sonis est représenté à gauche, la tête sur la selle de son cheval, une couverture sur les jambes. : " Il fait froid ce soir sur Loigny... Peut-être moins de 20 degrés ou pire encore... Je suis là, seul, immobile sur le champ de bataille, étendu sur la terre et la neige. Un soldat ennemi passe près de moi, fouille des corps, et, d'un coup de crosse, écrase la tête d'un zouave étendu à mes côtés. Un autre prussien se penche sur moi et verse dans ma bouche quelques gouttes d'eau-de-vie bienvenues car je suis à jeun depuis 24 heures... Bientôt le silence se fait autour de moi. Un silence seulement troublé par la voix des mourants appelant en vain au secours. Tout au long de la nuit, nous sommes entourés par un grand cercle de feu car les Prussiens incendient les hameaux aux environs. A dix heures du matin, des voix retentissent. Des voix de français qui viennent se porter à mon secours. On m'apporte un brancard, on transporte mon corps vers une ambulance, mais mon âme, elle, est restée à jamais près des zouaves, sur les champs de Loigny-La-Bataille "
Ecoutons Monseigneur Robert, natif de Loigny:
" . Le Général de Sonis dira qu'il a eu la Vierge Marie très présente. Quelque fois on parle d'une apparition, il n'a pas parlé d'une apparition. Est-ce qu'il y a eu image, etc. ... ça, ça n'est pas dit. Mais ce qui est certain, c'est qu'il a fait une expérience spirituelle au cours de cette nuit du 2 décembre 1870 ou la Vierge Marie a eu une très grande part dans sa prière.
Il dira qu'il a commencé à souffrir quand les hommes se sont occupés de lui le lendemain matin vers 11h. Il a eu une relation avec la Vierge Marie qui a été très apaisante et certainement une très grande densité spirituelle. "
Quand il était encore en vie, L'Abbé Thevert, le curé de la paroisse qui avait été nommé par l'évêque de Chartres pour faire connaître Loigny et de Sonis après la deuxième guerre mondiale savait faire vivre ce tableau. Ecoutons-le.
" En haut, c'est la lumière ! Marie est descendue du ciel pour tendre les bras à Sonis. L'a-t-il vu des yeux de son corps ? C'est possible...Ce n'est pas certain. Ce qui est certain absolument, c'est qu'il a été inondé de grâce exceptionnelle... "
Vers midi, sur un brancard prêté par les Prussiens, le Général de Sonis est emmené vers le Presbytère. Son état est préoccupant comme le raconte Antoine Bruneau, membre de l'Association des Amis de Loigny :
" En fait Sonis, fait partie de ces Généraux qui à l'époque chargeaient à la tête de leur troupe. Donc Sonis est blessé grièvement, à bout portant par une balle en plomb qui éclate dans sa jambe. Il faut savoir que les balles étaient en plomb extrêmement friable et lorsqu'ils touchaient un os, en fait la balle éclatait. Donc en fait, la blessure qui pour nous pourrait apparaître sans grande difficulté à l'époque est extrêmement grave. "
Le lendemain, le dimanche, on doit lui couper la jambe. Avant l'opération, le Général donne ses instructions au chirurgien :
" Endormez moi et faîtes ce que vous croyez nécessaire, je m'en remets à Dieu et à vous... Seulement tachez de m'en laisser assez pour que je puisse encore monter à cheval et servir la France "
Après cette amputation, le Général va vivre encore pendant 17 ans. Et il remontera à cheval
Regardez attentivement quelques détails du tableau sur votre écran.
En bas à droite, au point 1, on voit un cadavre de bavarois. Au point 3, c'est un casque à pointe prussien.
Au dessus, ce sont des ambulanciers allemands qui tiennent des lanternes.
Au point 6, un officier des Zouaves, le Commandant de Troussures. Il est étendu par terre. Il a été assommé à coups de crosse.
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