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Le Musée

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Le Musée

Quand le Général de Sonis prend en charge le 17ème corps, certains hommes n'ont même pas de chaussures.

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Nous sommes dans le musée, devant la première des 3 vitrines dédiées aux français, aux allemands et à leurs armes.
En 1870, quand la France entre en guerre contre les Prussiens, le pays n'est pas prêt à mener de tels combats. L'historien Patrick Nouaille de Gorce nous explique :
" On est persuadé que ça va durer un mois. Mais c'est vraiment bâclé, en réalité la France a une armée qui doit atteindre 600 000 hommes mais on n'arrive pas à aligner 300 000. Parce qu'il y a des troupes partout jusqu'en Afrique du Nord, parce qu'on n'arrive pas à faire revenir les réservistes. Il y a des gens qui traversent la France dans tous les sens... Le système de renseignement et de reconnaissance se fait exclusivement par la cavalerie. Il n'y a pas d'aviation, le télégraphe marche plus ou moins... Il n'y a pas de censure dans les journaux, tous les matins les Allemands peuvent savoir ce que les Français préparent car les journaux l'indiquent. On indique que des troupes se concentrent ici ou là, enfin c'est effrayant ! "
Les soldats Français sont mal équipés. Quand le Général de Sonis prend en charge le 17ème corps, certains hommes n'ont même pas de chaussures. Celles-ci n'arriveront qu'après la bataille.
Et puis, les uniformes ne sont pas très discrets : du bleu, du rouge. On est encore dans la gloriole de l'époque de Napoléon III.
Voici ce qu'écrit un soldat français à propos de son uniforme :
" A part les gradés qui avaient des vareuses de drap bleu foncé avec collets rouge, les hommes habillés à la hâte étaient vêtus de blouses bleues serrées à la taille par le ceinturon. Les rangs en marche présentaient donc des alignements de blouses bleues et de blouses claires qui faisaient reconnaître les régiments de loin et du premier coup d'oeil ! "
Regardez la première vitrine, celle des Français, vous pouvez voir au point numéro 7, la veste d'un lieutenant de mobile ; au-dessus, une veste d'artilleur de la garde, à droite une capote d'artilleur.
Et au point 5, l'uniforme complet d'un officier de réserve, très bien décrit par l'abbé Thevert :
" Raoul de St Venin qui avait été zouave pontifical à Rome. A Loigny, il a été blessé et vous voyez au dessus de sa photo l'arrivée de la balle qui l'a blessé. Sa poche retournée a été déchirée par une balle et tâchée par le sang. "
A droite dans la vitrine numéro 3, celle des allemands, au point numéro 6 sur le côté droit, une tunique et une capote d'officier
Les uniformes des Prussiens sont déjà plus confortables. C'est l'avis d'Antoine Bruneau de l'association des Amis de Loigny :
" Les Allemands eux sont en avance sur les Français puisque effectivement ils sont équipés de casques, le fameux casque à pointe que l'on retrouvera jusqu'à l'entrée en guerre des Allemands en 1914. Le casque est idéal à l'époque puisqu'il permet aux fantassins lorsqu'il y a une charge de cavalerie à ce que le sabre glisse sur le cuir et donc n'entame pas le cuir. Alors que le Français, le képi n'arrête pas le coup de sabre. "
Ecoutons l'abbé Thevert en regardant la vitrine numéro 3 !
" Devant le 15, entre les casques 30 et 31, ce ne sont pas des pierres mais des restes de corps allemands brûlés. Quand ils étaient maîtres du terrain, les allemands brûlaient leurs cadavres après la bataille.
Une collection de coiffures : en haut et à gauche 18, c'est le casque d'un artilleur prussien, et à côté, avec le plumet rouge, c'est le bavarois. "
Mais en ce qui concerne les conditions de vie sur place, les 2 camps étaient logés à la même enseigne... écoutons ce soldat français
" Nous pouvions, dans les premiers temps, changer régulièrement de linge; mais à la fin, surtout pendant nos opérations en Beauce, l'eau était si rare et nos déplacements si continuels, que nous n'eûmes guère la faculté de nous livrer aux délices du blanchissage. Je n'insisterai pas sur les lamentables conséquences de cette situation. Qu'il me suffise de dire que je finis par abandonner mes gilets de flanelle, au plus fort du mois de décembre, quand je vis l'impossibilité d'en changer "
Imaginez la vie d'un soldat pendant cette guerre. Nous avons retrouvé l'emploi du temps d'un caporal des volontaires de l'ouest :
" 6h : lever
7h30 : exercice
10h : soupe
11h30 : appel de propreté
12 h : exercice
16 h : soupe puis liberté
20h30 : appel, prière, bénédiction, coucher "
Une journée classique donc ... bien sur quand on ne se battait pas comme ce 2 décembre 1870 à Loigny.
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