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La chapelle mortuaire

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La chapelle mortuaire

Regardez autour de vous, tous ces noms... Plus de 750. C'est peu face aux 9000 hommes, tombés à la bataille de Loigny.

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Nous sommes dans la chapelle mortuaire de l'église.
Regardez autour de vous, sur les murs, toutes ces inscriptions, tous ces noms...
Plus de 750. C'est peu face aux 9000 hommes, français et allemands tombés à la bataille de Loigny. Mais ceux-là ont un nom :
Michel Patural, Yves Marie Prate, Jean Lavaud, Luc Plessis,Auguste Charpentier, Luc Boucher, Pierre Tavenot, Pierre Thomas, Pierre Bonnet, Julien Guillebeau ; Louis Regnier ; ...
" Ce sont ceux qui étaient identifiés au moment où la chapelle mortuaire a été édifiée. Donc il y en a bien d'autres qui ont été identifiés par la suite, ou qui sont disparus et dont on n'a pas retrouvé de souvenirs. C'est pour ça que tous les morts français ne figurent pas sur ces plaques.
Le réflexe est toujours de regarder " Ah je suis originaire de tel département ! Les mobiles de mon département étaient là, est ce que j'ai pas mon nom ? " Surtout chez les mobiles car c'était des personnes qui n'étaient pas mariés, qui n'avaient pas d'enfants, donc ce sont des personnes dont l'histoire s'est un petit peu perdue. "
" Moi j'avais 20 ans. Nous comptions surtout beaucoup de Bretons parmi nous. Je ne me rappelle guère que le nom de l'un d'entre ces derniers, capitaine, qui n'entendait pas le français et nous tenait des discours interminables dans la langue de Brizeux. Nous faisions tous excellent ménage les uns avec les autres et je ne crois pas avoir jamais été témoin d'une dispute sérieuse.".
Le soldat qui a écrit cette lettre, était certainement comme la plupart de ses camarades français tombés ici. Un homme de moins de 40 ans, célibataire ou veuf, sans enfants, un " mobile", comme les autres...

Que s'est il passé ici ?
C'est sur ce site de Loigny-La-Bataille, en pleine Beauce, que va se jouer la guerre franco prussienne, ce fameux 2 décembre 1870. L'armée prussienne, forte de 100 000 hommes dans la région, pousse les bataillons français dans leurs derniers retranchements. Le général de Sonis, qui commande le 17e corps d'armée, est chargé de couvrir la retraite française en allant au contact des Prussiens. Mais, au milieu des troupes découragées, la bataille semble perdue d'avance...
L'affrontement proprement dit va durer la journée. Il aura commencé très tôt le matin, et se termine pratiquement à la tombée de la nuit
Regardez les tableaux dans cette chapelle mortuaire.
Si vous tournez le dos à l'autel, sur votre gauche, on voit le père Doussot qui donne l'absolution à un commandant français.
Et face de nous en haut, c'est le Pape Pie 9 sur la barque de St Pierre avec les flots qu'il bénit. Repérez la basilique du sacre coeur figurée en bas, ce n'est pas un hasard si elle se trouve là.
Nous vous en reparlerons plus tard.
Et puis levez les yeux vers la coupole. L'inscription en latin. " Aucun pêché n'est pardonné sans effusion de sang.... "
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