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L'ossuaire

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L'ossuaire

Regardez derrière cette vitre, il y a les ossements de 1300 soldats. Toutes les victimes de la bataille ne s'y trouvent donc pas.

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Nous sommes devant l'ossuaire
Regardez derrière cette vitre, il y a les ossements de 1300 soldats. Toutes les victimes de la bataille ne s'y trouvent donc pas. 7 ans après la guerre, on relève les ossements de 1200 français. Mais ce 2 décembre 1870, il y a eu beaucoup plus de morts que cela.
Patrick Nouaille-Degorce, historien : "La bataille elle-même de Loigny Poupry, c'est sans doute 9000 morts et blessés. A l'époque, beaucoup meurent. Certains blessés meurent 3 mois après avec des tas d'infection, on a rien comme antiseptiques, on ne connaît pas les antibiotiques, on meurt facilement de gangrène, de septicémie. Les amputations sont pratiquées : on faisait des piles de bras et de jambes comme on faisait des tas de vieux fusils ... c'est assez apocalyptique. "
Observez bien à 30 cm de la vitre on voit un fémur scié. Très souvent, les amputations étaient mal faites.
Les ossements ici sont donc surtout ceux qui n'ont pas été récupérés par les familles. Pour le centenaire de la bataille, le gouvernement a fait relever les tombes abandonnées aux alentours. Les ossements de 99 soldats ont été ajoutés.
Et pas seulement des combattants français. Même si en principe, il ne devait pas y avoir d'Allemands dans cet ossuaire. Pas question de mélanger les patries à l'époque.
Et c'était vrai dans les deux camps. Ainsi, ordinairement, les Allemands brûlaient leurs corps sur le champ de bataille.
Mais avec le temps, la prière et le recueillement ne connaissent plus de frontières.
25 bavarois et 35 autres allemands ont donc été ajoutés aux français.
Regardez les crânes.
Certains ont un trou. Il a été provoqué bien sûr par une balle.
L'Historien Patrick Nouaille-Degorce a son explication :
" Ce sont tous ceux qui étaient couchés pour tirer ... pour se protéger même, voir accroupis, ... Les prussiens, on leur apprend à tirer bas. Ce qui fait que les gens sont atteints aux membres inférieurs, aux bas ventre, ... quand vous tirez bas, vous atteignez aussi ceux qui sont couchés. Le fusil tire à 600 mètres à balle perdue. Mais si on veut être précis, il faut tirer pas très loin, à une centaine de mètres. On essaie de compenser par les feux de peloton, c'est-à-dire tout le monde tire en même temps, et là on besoin d'être moins précis. Et puis il y a une chose : il faut imaginer, à l'heure ou les zouaves pontificaux ont chargé, avec leur tenue grise, qui était un gris bleu, un peu horizon de 14, on ne devait pas voir grand-chose avec un soleil d'hiver bas, le ciel était gris tout çà... A ce moment là, on tire bas. "

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