A la découverte des rues insolites de Paris >

Rue des blancs manteaux

Version mobile
English

Rue des blancs manteaux

La rue de l'échafaud ? C'est ce que dit la chanson écrite par Jean Paul Sartre pour Juliette Greco.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
La rue des blancs manteaux.
Depuis quand cette rue porte-t-elle ce nom ? Quelle en est la signification ? En 1258, Saint-Louis installe dans le quartier un couvent de moines mendiants : les "Serfs de Marie". Parce que ces religieux portent de longs manteaux blancs, on baptise aussitôt la rue du nom de leur vêtement. ? la fin du 13e siècle, les Serfs de Marie sont remplacés par un autre ordre religieux " Les Guillemites " qui eux portent des manteaux noirs.
Mais jamais la rue ne s'appellera la rue des Manteaux Noirs !
C'est lorsque les Guillemites intègrent l'ordre bénédictin au 17ème siècle que l'on pose la première pierre de l'église Notre dame des Blancs Manteaux que l'on peut admirer encore aujourd'hui. >
A noter aussi qu'au numéro 16, sous Louis 16, on fonde le premier mont de Piété. Ce crédit municipal qui permet aux plus démunis d'emprunter sans intérêt connaît vite un grand succès, particulièrement au 19e siècle.
On prétend qu'autrefois oe mais aucune trace ne le prouve oe un échafaud se trouvait dans la rue des Blancs Manteaux. Est-ce pour cela que Jean-Paul Sartre écrit ça ?!...
Dans la rue des Blancs-Manteaux
Ils ont élevé des tréteaux
Et mis du son dans un seau
Et c'était un échafaud
Dans la rue des Blancs-Manteaux...
Rien ne le prouve, mais en revanche, on sait parfaitement que l'écrivain, dramaturge et philosophe écrit en 1944 ce poème pour Juliette Gréco... qui ne chante pas encore.
Elle doit le déclamer dans sa pièce de théâtre " Huis clos "
Dans la rue des Blancs-Manteaux
Le bourreau s'est levé tôt
C'est qu'il avait du boulot
Faut qu'il coupe des généraux
Des évêques, des amiraux,
Dans la rue des Blancs-Manteaux...
Sartre offre à Gréco le texte de cette chanson le lendemain d'un dîner au restaurant " La Cloche d'or " de Saint-Germain-des-Prés. Et en 1949, l'artiste l'interprète sur une musique de Joseph Kosma en ouverture de son tout premier concert au cabaret " Le Boeuf sur le Toit ".
Jean-Paul Sartre écrit alors :
Jean-Paul Sartre : Juliette Gréco a des millions dans la gorge, des millions de poèmes qui ne sont pas encore écrits. On fait bien des pièces pour certains acteurs, pourquoi ne ferait-on pas des poèmes pour une voix ?... Le travailleur de la plume finit par oublier que les mots ont une beauté sensuelle. Sa voix le leur rappelle. Douce lumière chaude, elle les frôle en allumant leurs feux. C'est grâce à elle, et pour voir mes mots devenir pierres précieuses, que j'écris des chansons.
Dans la rue des Blancs-Manteaux...
Retour haut de page