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Salle Henri Comte - Les insoumises

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Salle Henri Comte - Les insoumises

Tout le monde s'arrache les photos de ces dames sulfureuses, messieurs coquins comme policiers.

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Et si vous regardiez sous les dessous du second empire ? Ici, sont exposées les photos des insoumises. Nous sommes dans les années 1860, il y a de la frivolité dans l'air, mais l'empereur Napoléon III crée une police des moeurs chargée de surveiller ces insoumises...des courtisanes, venus de tous les horizons et dont la vertu se monnayait parfois très cher. C'est aussi l'époque où a été inventée par Eugène Disdéri la " carte de visite ", petit portrait photographique que l'on s'échange dans les milieux mondains. Tout le monde s'arrache les photos de ces dames sulfureuses, messieurs coquins comme policiers.La suite c'est Philippe Jacquier de la galerie Lumière des roses à Paris qui la raconte.Son Jacquier 1
On propose a peu près une cinquantaine de photographies de courtisanes qu'on appelait les cocottes on les appelait les biches, on les appelait les lorettes, on les appelait les demi-mondaines, alors une telle va poser en relevant ses jupes, une autre va poser de dos sans vouloir montrer son visage l'autre va poser avec une crinoline la plus somptueuse qui soit. Elles se mettent toutes en scène et elles ont toutes très vite compris l'intérêt de la photographie et surtout cette idée de diffuser leur image. Après elles passaient aussi sous le manteau elles pouvaient servir à des proxénètes entre guillemets qui pouvaient présenter les talents qu'ils avaient à vendre à leurs clients en montrant des petites photographies.
Et parmi ces courtisanes il y a de véritables stars, désirées par les hommes puissants, traquées par la police et redoutées par les femmes du monde.Son Jacquier 2
La star des stars elle est anglaise, en fait elle s'appelle Cora Pearl elle est très, très belle. Elle arrive en France, elle commence par passer 8 ans dans un couvent et juste après elle devient la figure emblématique de la scène impériale Elle a des amants très célèbres du Duc de Mornil au Prince Napoléon etc. C'est une femme qui lançait la mode, et puis un jour elle a éconduit un jeune amant qui s'est suicidé et puis là tout a commencé à dégringoler. Sa vie elle l'a fini avec d'énormes soucis d'argent, elle a écrit ses mémoires qu'elle a été obligée de vendre et puis elle a fini seule et désargenté et je crois qu'elle est morte quatre mois après la publication de ses mémoires. Dans les autres comme ça, stars entre guillemets y'a des marquises, moi j'adore les marquises. Il y a la marquise de Galichet et la marquise de Payeur ; Alors la marquise de Galichet elle était tribade, c'est-à-dire qu'elle était lesbienne et son mari le Marquis de Galichet lui était l'amant de Cora Pearl la femme dont j'ai parlé juste avant. Et puis il y a une autre marquise, qui est la Marquise de Païva, on connaît un seul portrait d'elle et qui est un portrait de dos. Donc on ne connaît pas son visage. C'est une femme qui avait réussi à acheter le collier de diamants de l'impératrice Eugénie, et qui fièrement le portait à toutes les représentations de théâtre puis on dit aussi qu'elle avait une habitude de demander à sa jeune femme de chambre de la caresser chaque jour pendant qu'elle prenait son bain. Et Sarah Bernard, alors Sarah Bernard, c'est pas son métier je veux dire c'est pas son métier à plein temps d'être courtisane, c'était avant tout une grande, grande tragédienne. Mais quand ses finances l'exigeaient elle avait besoin quand même de pas mal d'argent donc elle avait recours de temps en temps à des clients généreux. Sa fiche de police est absolument géniale, y'a un monsieur qui n'est pas content du tout, et il pense être le seul amant et il s'aperçoit qu'il n'est pas seul du tout. Y'en a une qui est fantastique, sur la photo elle doit avoir une cinquantaine d'années donc elle est un peu vieillissante c'est Appolonie Sabatier, elle a été magnifique quand elle avait 20 ans, elle était surnommée " la présidente " par Théophile Gaultier qui a écrit des poèmes érotiques sur elle incroyables et c'était aussi la muse adorée de Charles Baudelaire et c'est cette femme Appolonie Sabatier qui a inspiré les fleurs du mal.
Et ce n'est que quelques années plus tard que la police instaurera la fiche de renseignement enrichie d'une photo portrait, de là à penser que ces insoumises ont inspiré les policiers....
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