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Palais de l'archevêché Arles et la maison Lacroix

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Palais de l'archevêché Arles et la maison Lacroix

C'est ici que le jeune Christian Lacroix s'éveille à l'art sous toutes ses formes.

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Tel que vous le voyez le palais de l'archevêché se présente dans ses habits classiques...sa façade du 18ème siècle a depuis longtemps pris la place de l'édifice médiéval. C'est ici que le jeune Christian Lacroix s'éveille à l'art sous toutes ses formes. Quand le bâtiment abritait la bibliothèque municipale, sur les traces de son grand père, il se plonge dans les livres et nourrit déjà une passion pour la photographie qui ne l'a jamais quitté.Son Lacroix Arles
La photo j'ai l'impression que c'était un peu plus qu'une nourriture même, je crois que l'enfance et l'adolescence se seront passées à vivre le monde par procuration et par photos interposées. Les premières photos sur lesquelles j'ai ouvert les yeux, c'était, bon bien sur les photos de famille et puis même si c'est un peu étrange ou délétère, par les photos des cimetières à Arles. J'ai pas cessé d'ailleurs d'être d'une manière un peu Modianesque comme ça, toujours attiré, aspiré, par la nostalgie, par le passé et la ville d'Arles de l'époque poussait à ça, la photo a été prépondérante l'image en général mais la photo en noir et blanc surtout peut-être plus que la peinture et aujourd'hui encore .
De la ville d'Arles à la maison Lacroix, il y a le parcours d'une vie...pour rendre hommage à sa ville, le couturier a voulu montrer des images en noir et blanc mais aussi en couleur, du début du 20ème siècle aux années 70. Des moments de bonheur avec les photos de mariage que les arlésiens ont apporté eux-mêmes, des périodes noires comme la guerre, ce sont des archives privées, des vieux fonds photographiques qui sortent de l'oubli. Pour écouter Christian Lacroix parler de sa ville appuyez sur la touche étoile. son Lacroix vernaculaire
C'était cet archevêché quand j'étais enfant la bibliothèque municipale c'est devenue l'endroit où moi j'allais travailler le soir où on se donnait des rendez-vous aussi où on échangeait des courriers sentimentaux donc c'est un lieu très, très, très puissant pour moi ça. Et je suis heureux que ça soit là que je puisse montrer ce que je vais garder, des demandes que j'ai faites par presse interposée aux Arlésiens de leurs photos de mariage donc c'est dans le bureau de l'Archevêque, ensuite il y aura une salle qui sera plus dédiée à la photo c'est-à-dire du XIXème et du début du XXème voir soudain Arles en couleur en 1907, 1908 je pense que ça peut intéresser certains. Il y a aussi Karl Nodau qui a beaucoup photographié la vie quotidienne du côté des Salins de Giraud et de la Camargue. Ensuite des recherches plus axées sur la guerre. Arles a quand même été, pas décimée mais quand même très, très, très ravagée, c'est un peu miraculeux si les grands monuments sont encore debout. On a donc découvert que les bombardiers étaient survolés eux même par des avions d'où l'on photographiait les impacts avec une netteté laser. On a retrouvé aussi des photos de la libération donc ça, ça occupera la grande salle centrale de laquelle on accèdera à la salle particulièrement dédiée à la vie quotidienne et on a trouvé des choses vraiment très intéressantes sur les visites de chefs d'état, sur la vie quotidienne, de très belles photos industrielles. Sur les gitans on aura les photos anthropométriques du camp de Salliers peu de gens savent que les gitans étaient dans un premier temps déportés, c'est à peine trop fort, mais c'était quant même un camp d'internement juste à la sortie de Arles et je pouvais pas vraiment supporter l'idée d'avoir effectivement Alain Charles Beau et la mode sans qu'il y ait l'écho sans être ni politiquement correct ni manichéen, il fallait quand même qu'il y ait ce balancier puisqu'il est le mien dans ma tête tout le temps.
Place maintenant à la maison Lacroix...avec une rencontre entre le couturier et un photographe...c'est à Arles, presque par hasard que Christian Lacroix fait la connaissance d'Alain Charles Beau. Discrètement, celui-ci entre dans les coulisses des défilés, il en saisit les tensions, les moments de grâce et retrouve les sensations qu'il capte dans les arènes avant les corridas. Son Lacroix Beau
Alain Charles Bau c'est quelqu'un que j'ai rencontré par le biais de la corrida et au Nord Pinus pendant une féria, après pour la petite histoire on a découvert qu'on était né le même jour et il est venu avec beaucoup de discrétion et de transparence documenter les essayages et aussi la partie bouleversante parce que toujours très effrayante pour moi du moment où le défilé va commencer où on va présenter son travail de six mois à la presse, aux clients, aux amis, à la famille et cette tension elle se ressent chez les filles dans leurs regards, dans leurs gestes même de dos je vais dire on ressent quelque chose qui frémi. Et aussi de la panique ou au contraire de la sérénité qui peuvent présider aux essayages dans le studio pendant l'élaboration de la collection. Je lui ai demandé de le confronter avec les premières photos qui avaient fait que nous nous étions rencontrés. Ces photos faites dans les souterrains des arènes d'Arles en particulier juste avant le paseo avec bien entendu un peu la même résonance même si l'enjeu n'est pas du tout de la même ampleur. Ce qu'il avait fait comme très beau travail c'était chaque jeune torero avec derrière le mentor, le vieux péon qui n'a pas percé qui n'a pas eu la carrière qu'il souhaitait mais qui donne toute sa science et son affection aux jeunes plein de promesses.
Pour continuer la découverte de la maison Lacroix et entrer dans l'intimité du travail du couturier, rendez-vous au cloître saint-Trophime.
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