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Atelier Mécanique - Grégoire Korganow

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Atelier Mécanique - Grégoire Korganow

Pendant plus d'un an il a suivi des familles de détenus. Il raconte le quotidien de ces femmes qui vivent au rythme des visites.

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Pendant plus d'un an Grégoire Korganow a suivi des familles de détenus. Il raconte le quotidien de ces femmes qui ont un frère, un mari, un fils en prison et qui vivent au rythme des visites. Elles n'ont rien fait de mal, leur seule faute, aimer un homme qui est derrière les barreaux. Leurs visages disent la souffrance de l'absence, c'est un travail sobre, dur, comme ces parloirs sauvages où pour échanger de loin un geste, elles prennent tous les risques.
Pour écouter Grégoire Korganow, appuyez sur la touche étoile.*son Korganow
Parloir sauvage cette série d'image elle symbolise ce que c'est que la souffrance d'être séparé de la personne qu'on aime quoi ! Ne pas pouvoir la voir. Ça s'est fait comme ça sans vraiment de préparation il fallait juste que je sois extrêmement discret qu'on ne me voit pas parce que si on aperçoit un photographe en bas d'une prison aussi bien les gardiens que les détenus vont se manifester de manière un peu bruyante et ça va attirer la police etc. etc. Donc je m'étais caché en fait à l'intérieur d'un box parce que c'est souvent un parking d'immeuble où elle est, c'est pour ça qu'on voit des voitures de temps en temps donc je m'étais caché à l'intérieur d'un box pour voiture et je pouvais pas bouger en fait, donc j'étais assez loin d'elle et je crois qu'elle me voyait pas du tout et j'étais surpris par la violence de cette souffrance. Elle a trois parloirs par semaine de chacun 35 mn et voilà et ça lui suffit pas elle est prête à prendre tous les risques pour apercevoir l'homme qu'elle aime, lui envoyer un baiser , lui hurler quelques mots d'amour parce que voilà, parce que c'est un espèce de truc comme ça vital pour elle et cette souffrance qu'elle lâche ça la submerge. Tout a tendance un peu à les désincarner je me rappelle de femmes de détenus qui dit on est que des numéros, personne ne fait gaffe à nous et en même temps je trouve que cette photo de Claire qui une fois qu'elle a récupéré les affaires sales de son mari les porte, les renifle et dort avec comme le ferait un enfant avec un peu son doudou ça amène beaucoup de corps et de chaleur, voilà c'est pour ça que j'aime beaucoup cette image aussi.
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