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Atelier des Forges - Pierre Gonnord

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Atelier des Forges - Pierre Gonnord

N'ayez pas peur de ces portraits d'apparence si dure, ils vont changer votre regard... sur le regard.

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De ses modèles, Pierre Gonnord dit qu'on ne les regarde pas. Installé à Madrid, le photographe a passé beaucoup de temps avec ces hommes et ces femmes écorchés de la vie, malmenés, cabossés, mais terriblement dignes, avant de les installer devant son objectif. N'ayez pas peur de ces portraits d'apparence si dure, ils vont changer votre regard...sur le regard.
Pour écouter Pierre Gonnord, appuyez sur la touche étoile.
*son Gonnord
Ce sont de gens qu'on n'a pas l'habitude de regarder, par exemple avec les gens des " tres mil viviendas de sevilla " qui est un quartier dans lequel j'ai vécu. C 'est un quartier très marginalisé qui s'appellle " tres mil viviendas " qui s'est développé dans les années 70 à partir du moment où ils ont expulsé la population de Triana, pour des raisons je dirais immobilières, donc c'est un quartier dans le quel je dirais c'est pas facile d'entrer...j'ai pas été le bienvenu. Mais j'y suis retourné et j'ai commencé à expliquer mon projet à certaines personnes. Y'a un portrait justement d'une personne avec qui justement j'ai beaucoup travaillé qui est Maria, qui est une gitane. Et donc grâce à cette femme j'ai pu d'abord comprendre ce quartier et on a pu commencer à travailler ensemble. Cette femme gitane ne m'intéressait pas parce qu'elle était gitane en soi...Maria c'est la " matriarca ", la matriarca du clan gitan, même si elle est soumise à des règle très strictes, parce qu'elle est soumise à la loi des hommes, son mari, elle a douze enfans, mais c'est une maîtresse femme, qui représente la condition féminine et c'est pas forcément une gitane. Dans cette expo y'a des personnages qui moi m'ont marqué profondément. Antonio qui est un homme que vous verrez avec une barbe et des mains immenses, qui est un ancien boxeur qui est devenu clochard, c'est lui qui m'a demandé de faire son portrait. El Manuel, c'est une photo que j'avais envie de faire, parce que quand on vit un an dans une cité où y'a de la drogue, des gros dealers puis des petits dealers qui sont eux justement le dernier maillon de la chaîne, qui consomment de la drogue, qui sont vraiment les esclaves du système terrible de la drogue, El Manuel c'est quelqu'un qui était toujours avec moi...mais je voulais faire une photo qui soit dans la lignée des portraits, qui soit pas une photo, où la personne soit extrêmement dégradée, où elle se pique le bras etc..etc.. J'ai voulu faire une photo de Manuel, aborder ce thème, comme un monument, peut-être une sculpture. Abel c'est un autre gitan, qui chante, c'est un aveugle, c'est un être qui m'a saisi et même les gens ont du mal à reg arder. Quand j'ai fait le portrait d'Abel, beaucoup de gens m'ont dit, " pourquoi tu as fait ça, c'est horrible "...je pense qu'y a aussi chez cet homme, qui a une grande humanité et que les gens ne veulent pas regarder, les gens passent devant quand il fait la manche devant la cathédrale de Séville, j'avais envie aussi que les gens voient et passent plus de temps à regarder ce visage et réfléchissent un peu aussi.
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