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Atelier de Maintenance - Charles Fréger

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Atelier de Maintenance - Charles Fréger

Ce photographe passe en revue les groupes humains où le collectif prend le pas sur l'individu... du moins en apparence.

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Qu'ils soient militaires, sportifs ou majorettes, ils intéressent Charles Fréger. Depuis 1999 ce photographe passe en revue les groupes humains où le collectif prend le pas sur l'individu.. du moins en apparence, car l'artiste en est convaincu, la personnalité de chacun traverse l'uniforme pour se figer dans son appareil photo. Pour cette série, Empire, il a sillonné l'Europe des gardes royales, républicaines et même pontificale.
Pour écouter Charles Fréger, appuyez sur la touche étoile.*son Fréger
L'uniforme c'est ce que les gens qui rentrent dans un groupe ont visiblement en commun et puis évidemment par delà les points communs, on voit aussi les différences apparaître, c'est-à-dire la personnalité de chacun, l'identité individuelle. Y'a pas d'effacement de leur identité. Y'a une relation que moi j'ai avec les gens que je photographie, ils sont dans leur territoire en général, ils sont chez eux. Mais dans le moment où je les photographie, le dispositif photographique a une telle importance que tout d'un coup je prends une sorte de territoire dans leur territoire. C'est un peu chez moi, quoi. Et ça ça crée un décalage c'est comme si je les photographiais dans le moment où y'avait une sorte de léger doute et après effectivement chacun affirme des choses un peu différentes et en plus c'est des uniformes qui sont extrêmement valorisants pour eux. Imaginez ce que c'est pour un jeune gars de 20 ans de se retrouver à faire la garde devant Buckingham Palace ou devant le palais du président italien. Celle du portrait du Black Watsh, d'un drummer, batteur, d'un régiment écossais, du régiment des Highlanders, les black watsh, j'ai eu un vrai déclic. D'une part l'uniforme des black Watsh je le trouve vraiment intéressant, le chapeau en peau d'autruche noir, avec une fausse peau de tigre parce qu'évidemment ils ne portent plus de vrai peau de tigre, des listes de batailles inscrites sur l'uniforme, le kilt vert et noir et puis il s'est passé quelque chose d'assez intense parce qu'il y avait la tension de ce gars là en face de moi, il voulait faire ça bien. Il voulait être à la hauteur pour la prise de vue. Evidemment à 20 ans ils ignorent à peu près tout de ce qu' est l'histoire de leur groupe, les black watsh ils étaient aussi à Waterloo, donc vous avez en face de vous un jeune gars de 20 ans qui porte sur ses épaules Waterloo, si j'ose dire. L'intensité qu'on a à ce moment là elle est assez intéressante.
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