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Atelier de Maintenance - Achinto Bhadra

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Atelier de Maintenance - Achinto Bhadra

il a suivi 126 filles et femmes qui ont connu l'esclavage, la prostitution et leur a proposé de s'inventer un autre moi.

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Voici les ateliers SNCF qui datent des années 1850. On y a construit et réparé pendant des décennies des locomotives vapeurs. Fermés en 1984, ils revivent grâce en grande partie grâce aux rencontres de la photographie. Ici dans l'atelier de maintenance, venez découvrir le travail de 6 artistes.
Achinto Bhadra est indien, il vit à Calcutta. Il présente " another me ", l'autre moi. Avec la fondation " terre des hommes " il a suivi 126 filles et femmes qui ont connu l'esclavage, la prostitution. Hébergées par une organisation non gouvernementale, elles reprennent goût à a vie. Pour faire leur portait le photographe leur a proposé de changer d'apparence, de s'inventer un autre moi, pour sortir de l'enfer.
Pour écouter François Hébel le directeur des rencontres parler d'Achinto Bhadra.*son Hébel
Il leur dit, voila, décrivez dans quel personnage vous rêveriez d'être, après avoir vécu le cauchemar. En fonction de la description, Achinto va avec une styliste chercher des vêtements, des accessoires, qu'il dépose dans la salle de prise de vue, ensuite les femmes s'habillent, se mettent en scène elles même. Le seul impératif, qu'Achinto leur conseille, d'ailleurs plus qu'autre chose, c'est de se masquer le visage, pour ne pas se retrouver ensuite mises à l'index par les gens qui verraient les photos. On est en Inde, donc c'est beaucoup des divinités, comme Krishna, ou Dourga, mais y'en a aussi une qui dit voila, moi je mets une bourka parce que je suis effrayée de savoir ce que les gens penseraient s'ils savaient que j'étais musulmane et prostituée...y'en a une autre qui dit je me transforme en statue de marbre, c'est ce qu'on devient quand on est un objet de prostitution...y'en a une autre qui se met...une sorte d'écorchée comme ça en disant, je suis en pleine douleur, y'en a une qui se met en perroquet, parce qu'elle a besoin de parler de ce qu'elle a vécu, des douleurs déchirantes, enfin...si vous voulez, le principe du photographe c'est de dire, voila, depuis votre enfance vous vivez le cauchemar, alors que théoriquement un enfant c'est plutôt dans le monde des rêves, pour une fois rêvez ce que pourrait être votre vie. Peut être que pour la première fois de leur vie elles sont le centre de l'attention et de la bienveillance de quelqu'un et que c'est la première fois que ça leur arrive et que ce moment là, tout d'un coup est assez subliment pour elles. C'est un artiste assez engagé mais qui a tendance à être plutôt du côté du reportage d'habitude donc là cette démarche de studio est une démarche assez nouvelle, surtout qu'en ce moment y'a un énorme débat entre le photoreportage et sa disparition et son efficacité, or ce débat n'est pas allé jusqu'au bout puisqu'il n'a pas toujours été rejoint par l'empreinte de la photographie artistique, qui elle pourrait énormément servir le témoignage mais, y'a une sorte de mépris réciproque entre les deux mondes, or lui, il a franchi la frontière de façon extrêmement intéressante. Il a tout d'un coup quitté une démarche de reportage pour témoigner de façon très radicale et en même temps il a trouvé une façon conceptuelle très en douceur très délicate par rapport à ces femmes à qui néanmoins il demande de s'engager puisqu'elles se montrent, c'est difficile de se montrer quand c'est pas votre métier.
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