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La Maison syndicale

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La Maison syndicale

Les grandes colères de mineurs et la catastrophe de Courrière qui a tout fait basculer...

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C'était le siège des syndicats de mineurs de toute la région Nord Pas de Calais. Il a été crée juste après la grande catastrophe de Courrières.
Regardez le balcon là haut : les leaders syndicaux y haranguaient les mineurs.
"On a osé dire que le mineur avait une condition privilégiée. Oui, il est privilégié : il ne meurt pas comme tout le monde, entouré des siens, avec comme suprême consolation les baisers affectueux de l'épouse, de la mère, des enfants éplorés. Il meurt brûlé, calciné, déchiqueté. Il meurt dans un trou, sous un bloc de rocher, sous les roues d'une berline ou sous un quelconque des formidables engins mécaniques que la science a mis au service du seul capital ! "
Cris d'approbation des mineurs
La colère des mineurs est grande. Cette catastrophe, la plus importante en Europe a marqué ici à jamais les esprits.
Le samedi 10 mars 1906, au petit matin, une nouvelle journée commence < à Billy-Montigny et Méricourt, deux communes situées non loin d'ici. Les mineurs partent au travail. 1800 hommes descendent. A 6h34, un coup de grisou ravage en quelques secondes 110 kilomètres de galeries.
L'un des rescapés César Danglot a raconté :
" Soudain une détonation se fait entendre ; le bruit paraissait venir de très loin (...) Quelques minutes s'écoulent ... (...) Couplet, conducteur de cheval apparaît. Il ne peut dire un mot et tombe évanoui (...) Nous fuyons vite (...) Nous sommes dans le royaume de la mort. Il va falloir lutter pour sauver notre existence ".
Plus d'un millier de ces mineurs vont mourir. 14 hommes survivent. Ils resteront 20 jours et 21 nuits sous terre. Lucette Clin, la petite fille de César Danglot a longtemps entendu son grand père raconter comment il avait tenu le coup.
"Je sais qu'ils se sont traînés, ils ont bu leur urine. Ils ont essayé de manger ce qu'ils avaient. Après, ils n'avaient plus d'allumettes donc ils ont vadrouillé dans le noir, tâtonné, rampé ... ça il disait toujours : marcher à tâtons, ils rencontraient des bois qu'ils connaissaient un petit peu parce que tous les jours ils passaient par cette allée et tout ça. Mais pour lui c'était terrible hein. Dans le noir, tout ça... Ils tapaient sur les tuyaux donc c'est là qu'ils se sont aperçus qu'il y avait quelqu'un au fond. Et ma grand-mère faisait son deuil. Elle était déjà habillée en noir, elle croyait plus à mon grand père, au retour de mon grand père ".
Les recherches ont en effet été arrêtées dès le 3ème jour.
Dans toute la France, les mineurs se sont mis en grève et le travail n'a repris qu'au mois de mai. Il y a finalement eu des augmentations de salaire, l'instauration d'un jour de repos hebdomadaire et des mesures de sécurité. >
Vous voyez le chiffre 10 en haut du bâtiment ?
La maison syndicale devait à l'origine être inaugurée en 1910. Elle le sera finalement un an plus tard.
Elle abritait aussi une imprimerie qui fabriquait le journal syndical " La voix des mineurs ".
La maison syndicale est aujourd'hui inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Bien. Les patrons de la mine avaient eux aussi leur maison. Le siège de la compagnie se trouvait dans l'actuelle faculté des sciences : l'Université Jean Perrin.
Pour connaître les informations de guidage, appuyez sur la touche Etoile.
Redescendez à pied la rue Florent Evrard. Prenez à droite l'avenue du 4 septembre puis tout droit l'avenue Elie Reumaux.. Vous tournerez à droite à la première intersection et remonterez la route de la Bassée ou se trouve 500 mètres plus loin l'Université Jean Perrin. Installez vous à l'entrée du parc.
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