Le Havre, impressionniste et fauve >

Terrasse à Sainte-Adresse

Version mobile
English Deutsch

Terrasse à Sainte-Adresse

Claude Monet, Terrasse à Sainte-Adresse, 1867, NY, The Metropolitan Museum of Art

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
C'est l'année d'une crise familiale que Monet peint ce tableau. Ce que nul ne pourrait deviner à la vue d'une scène si tranquille. Père d'un petit garçon que sa famille le pousse à abandonner, il se voit obligé de séjourner au Havre, en famille, pour " revenir dans le droit chemin ". Mais ici, nulle trace de ces tensions : son père, sans doute représenté de dos, aux côtés de sa tante Madame Lecadre, contemple sa cousine, Jeanne-Marguerite en pleine discussion avec un homme. La peinture se distingue surtout par le choix des motifs, très inhabituels dans la peinture de paysage. Par un point de vue en surplomb, l'artiste parvient à réunir sans transition la terrasse fleurie de la maison avec l'horizon marin s'ouvrant sur un défilé de bateaux au loin. La superposition des deux en bandes superposées est incongrue pour l'époque. Et le traitement de l'eau, aplat de couleur verte sur lequel se détachent de petites vagues plus sombres, accentue cette verticalité. En un seul tableau emblématique, Monet parvient à réunir les deux obsessions d'une vie : la peinture des fleurs, et celle des marines. Le jardin de sa tante a sans doute inspiré la création future de celui de Giverny. Mais il avait en plus ce voisinage de la mer, l'autre passion de Monet qui le poursuivra toute sa vie. Même si l'attention portée à la lumière est très forte et le montre déjà engagé dans la voie de l'impressionnisme, il est peu probable que le tableau ait été réalisé en plein air. Le point de vue suggère en effet celui d'un artiste regardant par la fenêtre ce qu'il voit en contrebas. Si tout est en germe dans ce tableau, tout reste à accomplir. C'est là ce qui fascine dans cette oeuvre, devenue aujourd'hui mondialement célèbre.
Retour haut de page