Le Havre, impressionniste et fauve >

Sainte-Adresse, pointe de la Hève

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Sainte-Adresse, pointe de la Hève

Claude Monet, Sainte-Adresse, pointe de la Hève, 1864, Londres, National Gallery

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En 1864, Monet est au Havre, la ville de sa jeunesse où réside sa famille. Il y peint des paysages de la côte, attiré par le caractère sauvage de la mer. Après les premières caricatures des notables de la ville, qui lui font une réputation locale, sa vocation reçoit une influence décisive, celle d'Eugène Boudin. Celui-ci l'initie au plein air et devient un véritable mentor. Ici, la peinture aux allures encore très réalistes n'a pas encore l'audace de la maturité. La touche peut paraître assez sage, dans sa facture illusionniste. Pourtant, le choix du sujet est déjà hardi : aucune anecdote n'est montrée, la silhouette d'une barque répond seule à la ligne dynamique du brise-lames sur la gauche. Ce refus du paysage historique a des antécédents. Monet les connaît bien, lui l'admirateur au salon parisien, dès le début des années 1860, des artistes de l'école de Barbizon. Mais Boudin apporte quelque chose de plus au jeune artiste : le sens d'un dépouillement, une qualité particulière de lumière. Ici, les tons gris rendent plus vifs les tons vert et ocre de la falaise ; même le reflet de la barque dans l'eau est déjà d'un vert soutenu. Cette qualité de lumière, grise et transparente, plaira particulièrement à Marcel Proust, dont les évocations de la Normandie dans la célèbre Recherche du temps perdu s'inspirent des oeuvres de Monet lui-même. Le peintre Elstir n'est-il pas créé en partie d'après le modèle du célèbre peintre impressionniste ?
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