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Plage de Sainte-Adresse

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Plage de Sainte-Adresse

Raoul Dufy, Plage de Sainte-Adresse, 1904, Paris, Centre Georges Pompidou

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En 1904, Dufy est encore tout entier sous l'influence de l'Impressionnisme. À cette époque, il est un jeune peintre frais émoulu de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris exposant déjà, en particulier au Salon des indépendants. L'influence impressionniste n'est nullement étonnante dans ces années de jeunesse. La ville, haut lieu de l'impressionnisme marqué par la présence de Monet, rayonne encore de cette conquête récente. La peinture de Dufy, au-delà l'exemple de Monet, révèle aussi l'empreinte durable de celui qui fut un pionnier pour les Impressionnistes : Eugène Boudin. De celui-ci, il hérite d'un sujet, et d'une composition. Ces vues de plage, autour de Sainte-Adresse et l'estacade, étaient un motif privilégié du vieux maître. Le point de vue, laissant la part belle au ciel, à l'atmosphère d'une fin d'après-midi, semble faire écho à ces toiles des années 1860. Seul, l'estacade s'avançant dans la mer quadrille l'arrière-plan d'une manière originale, très structurée, découpant le ciel en une trame régulière. Mais la qualité tactile de la touche donne un grain à la lumière et empêche la scène de se figer. L'allongement des ombres portées au sol suggère un moment éphémère, un instant du jour, notations fugitives qui n'auraient certainement pas déplu à Boudin. Cette peinture résume à elle seule ce que fut l'impressionnisme pour ces jeunes peintres : l'apprentissage de la liberté. Avant l'aventure du fauvisme, l'expérience du plein air, de la liberté de la touche, est la meilleure voie possible pour s'émanciper de la tradition.
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