Le Havre, impressionniste et fauve >

Pierre évoquant le souvenir de Maréchal

Version mobile
English Deutsch

Pierre évoquant le souvenir de Maréchal

Albert Lynch, Pierre évoquant le souvenir de Maréchal, 1888, galerie Vincent Lécuyer

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
C'est en 1888 qu'Albert Lynch réalise cette aquarelle, alors qu'il n'est pas encore reconnu comme portraitiste mondain. Cette petite oeuvre prend place dans un ensemble de dix-huit planches pour l'illustration d'une nouvelle de Maupassant se déroulant au Havre. Dans celle-ci, Pierre et Jean, le héros réalise que son frère est le fruit d'un amour adultérin. Sous le choc de cette découverte, il s'appuie un instant sur la jetée du port du Havre tandis que le brouillard l'enveloppe. Le caractère méditatif de cette illustration, à des lieues de l'impressionnisme, serait à vrai dire plus proche du symbolisme naissant. Whistler, à la rigueur, peut offrir du côté anglais un exemple de peinture atmosphérique aussi introspective et méditative. L'artiste, né au Pérou mais formé à l'École des Beaux-Arts de Paris, est certainement au courant de ces expériences anglaises défiant périodiquement la chronique des Salons parisiens. C'est ainsi une vision singulière du Havre qu'il offre. Dans cette aquarelle, tout est suggestif, onirique : l'estompe de la couleur créant des effets de halos fantomatiques, le contraste des lumières, dans une atmosphère de nuit, jusqu'à ce décalage des plans, accentuant l'impressionnante masse du navire dans l'ombre. Alors que le personnage au premier plan est tout proche, le réverbère sur la jetée, par sa petite taille, paraît très loin. À ses côtés, l'énorme navire disparaissant dans la brume n'en paraît que plus menaçant. La mélancolie, ici, se nourrit de l'atmosphère des quais.
Retour haut de page