Le Havre, impressionniste et fauve >

Le Musée

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Le Musée

Claude Monet, Le Musée, 1873, Londres, National Gallery

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Au milieu du XIXe siècle, le port du Havre devient le deuxième port de commerce de France. La richesse des négociants en coton, en café ou en bois exotiques, est à l'origine de l'apparition d'une nouvelle classe de collectionneurs. Boudin aura ce mot demeuré célèbre : " pas de coton, pas de tableaux ". On comprend dès lors l'importance de ce monument au sein de la ville : le musée, inauguré en 1845, le seul en France à être construit près des quais, poumon économique de la ville. Ce que peint Monet, c'est d'ailleurs la silhouette de cet imposant bâtiment associée en avant à celle des voiliers du bassin. Même si le commerce, cette fois, n'est pas évoqué par l'artiste. Ce musée a été détruit comme une grande partie de la ville, lors des bombardements de septembre 1944 : Monet fixe donc pour l'éternité ce que la guerre balaie comme un château de cartes. En ce temps des premières expériences impressionnistes, Monet cadre son motif de sorte que l'eau à l'avant-plan prenne autant de place que celui de la ville à l'arrière-plan. Il y expérimente les effets de reflets qui lui sont chers, depuis les expériences à la Grenouillère, sur les bords de la Seine, aux côtés de Renoir. Depuis, la liberté de la touche est devenue grande. Plus compacte à l'arrière-plan, pour décrire les volumes imposants du musée, elle joue sur le rythme des voiles imprimant un premier mouvement à l'ensemble. Elle est véritablement aérienne dans l'avant-plan du tableau, faisant vivre et miroiter l'élément liquide. Les couleurs elles-mêmes sont audacieuses : touches de bleu ou de violet dans les ombres, pour le bonheur des premiers amateurs de l'Impressionnisme. Sous des dehors sages, c'est une petite révolution qui se joue.
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